Le philosophe anglais Roger Scruton critique la « vision du ressentiment » irriguant la gauche occidentale

Le philosophe anglais Roger Scruton critique la « vision du ressentiment » irriguant la gauche occidentale

Journalpolitique.info veut mettre en évidence la superposition des clivages et leurs différentes interprétations. Le renforcement des oppositions sur certaines questions d’actualité pousse toujours à privilégier le pluralisme pour les mettre face-à-face sur le fond. Nous relayons donc le compte-rendu d’entretien avec le philosophe. Il s’en prend à une représentation obsédante de la société, déconnectée de la réalité et conjuguée à un rêve utopique de salut.

Roger Scruton, auteur du classique « De l’urgence d’être conservateur »(1)

Extraits de l’entretien :

« Vous intitulez l’Erreur et l’Orgueil un ouvrage français tiré de l’un de vos essais, Thinker of the New Left, qui étudie les penseurs de la nouvelle gauche. Pourquoi leur accoler ces deux termes ? Comment décrire ce courant de pensée ?
L’intention du livre est d’exposer la vanité et l’aveuglement qui ont amené les penseurs de gauche à ignorer toute critique réelle. Je rassemble ceux qui, à mon avis, ont été les plus influents et je critique les erreurs de leurs théories et l’extraordinaire orgueil qui a entraîné tant de penseurs de gauche à conserver leur position malgré les faits et les arguments qui démontrent qu’elle était mal intentionnée et irrationnelle. »

« Alors que beaucoup considèrent que la fracture s’établit désormais entre conservateurs et progressistes, le clivage droite-gauche est-il encore pertinent ?
Droite contre gauche : conservateur versus progressiste ; réactionnaire ou révolutionnaire, ce ne sont que des mots. Ce qui compte, c’est ce qu’ils représentent. Pour moi, la position de gauche à notre époque a signifié le plaidoyer en faveur de la « libération » des « structures » de la société « bourgeoise ». Je pense que cette position perdure dans toutes les nouvelles modes de notre temps – la libération des femmes des coutumes et des incapacités imposées par les hommes, la libération des homosexuels des normes du mariage bourgeois, celle de tous les nouveaux groupes de victimes de ce qui est supposé être la culture oppressive qui les entoure. Ce que j’entends par « gauche », c’est cette vision qui repose sur la répudiation de tout ce qui définit les réalisations et le patrimoine culturel européens. Et c’est ainsi que, dans mon pays, la plupart des gens qui se livrent à la chasse aux sorcières par le biais des médias sociaux se décrivent eux-mêmes. »

« Parmi les divers courants de pensée, la gauche américaine se distingue de ses consœurs outre-Atlantique. En quoi ?
Les Américains ont toujours formulé leurs conflits politiques en utilisant le lexique de la Constitution des États-Unis, en termes de « droits », et se méfiaient du socialisme jusqu’à récemment. Peut-être est-ce en train de changer, sous l’impact de la « politique de l’identité ». L’accent est maintenant mis sur l’illégitimité de tout ce qui est constitutif du legs politique américain. La nouvelle gauche américaine, nourrie dans des universités attentives à des sujets politisés comme les « gender studies » (études de genre), est concentrée sur les libertés et les droits reconnus par la Constitution, les considérant comme des privilèges conférés aux hommes blancs aux dépens de tous les autres. À mon avis, c’est absurde, mais très séduisant pour les jeunes gens qui se demandent s’ils ont droit aux incroyables privilèges inhérents à leur naissance dans la société la plus riche, la plus libre, la plus abondante et la plus protégée qu’on ait jamais connue. »

NDLR : Scruton montre bien ici que la politique de l’identité se fonde sur l’illimitation des droits prescrits, inaltérables, et sur la Constitution qui les garantit. La revendication par les droits est donc illimitée.

« Quel est le rapport de la gauche intellectuelle occidentale avec la réalité ?
Le point de vue de gauche ne tient aucun compte des vrais êtres humains ni de leurs motivations. Il y a une coloration fantaisiste dans tous les écrits de gauche, qui ne concernent pas le monde réel des êtres humains imparfaits et faillibles, mais l’intellectuel de gauche dans sa lutte héroïque. Le but de cette lutte est d’abolir les êtres humains et de les remplacer par quelque chose de meilleur. Ce nouveau type humain reconnaîtra alors l’intellectuel de gauche comme prophète et sauveur. »

Dernière génération prophétique ? Une des Inrockuptibles (02/2019)

« « La société capitaliste est fondée sur le pouvoir et la domination » semble être le mantra des intellectuels de la nouvelle gauche. Comment l’expliquez-vous ?Dans les écrits de Sartre, Foucault, Althusser et des penseurs allemands de l’école de Francfort se retrouve une vision obsédante de la société dans laquelle toutes les relations humaines sont réduites à des formes de « domination ». C’est une vision paranoïaque, qui se pose naturellement chez les intellectuels car elle explique pourquoi ils n’ont pas le pouvoir qu’ils méritent, tout en cachant le fait qu’ils ne le méritent en aucun cas. Le monde qui l’entoure est critiqué en tant que produit du capitalisme, conçu comme une forme d’asservissement moral. Le capitalisme de l’époque de Marx pouvait vraisemblablement être décrit comme une forme d’oppression de classe. Maintenant que la chose appelée « capitalisme » a tellement changé qu’elle n’est plus reconnaissable, devenant le moteur d’une mobilité et d’une abondance sans précédent, il est difficile de critiquer cette chose en usant des anciens termes marxistes. »

« Mais nous pouvons l’attaquer pour son mystère, pour l’esclavage intérieur dans lequel elle nous emprisonne. Et les écrivains français ont très bien décrit cet esclavage intérieur, par exemple Jean Baudrillard, Pierre Bourdieu et Gilles Lipovetsky, bien que ce que nous puissions faire pour changer les choses soit un sujet qu’ils ont tendance à éviter. »

Le Président de la République mène la Grand Débat avec les 79 intellectuels, via France Culture

« « Une foi aveugle entraîne les gauchistes radicaux » : ces courants de pensée seraient-ils la nouvelle religion de notre époque?
Il y a sûrement un trou en forme de dieu au cœur de la pensée de gauche et j’essaie d’expliquer pourquoi. La religion de gauche, surtout dans ses formes socialistes, offre un rêve de salut – une nouvelle forme d’unité, dans une condition d’égalité, que nous pouvons obtenir ici-bas et pour laquelle nous n’avons pas à attendre jusqu’à la mort. En fait, vous constaterez que la mort a très peu de rôle à jouer dans la vision du monde de gauche ; elle est toujours cachée derrière les invocations d’un avenir glorieux.

Le salut sera une marche des gens derrière la bannière brandie par les intellectuels, vers un nouvel ordre des choses dans lequel il n’y aura ni conflits ni souffrances. Cependant, le chemin menant à cet objectif est un conflit radical parsemé de souffrances incommensurables, et aucun intellectuel de gauche de notre époque n’a jamais admis cela honnêtement.

« « Nous sommes entrés dans une période de suicide culturel. » C’est un constat bien lugubre… Reste-t-il de l’espoir à vos yeux ?
Ceux qui ont reçu notre héritage culturel l’ont piétiné. Mais une nouvelle foi et un nouvel amour peuvent toujours naître parmi les humbles qui se penchent pour ramasser les morceaux. Un chef amérindien a dit un jour à l’anthropologue Ruth Benedict : « Les peuples boivent l’eau de leur vie chacun dans une tasse différente. Notre tasse est cassée. » Je ne pense pas que notre situation soit si mauvaise. Certes, il existe une culture de répudiation qui domine le monde intellectuel et les débats (s’ils peuvent être qualifiés de débats) sur les médias sociaux. Et il est vrai qu’un grand fossé s’est creusé entre les peuples d’Europe et d’Amérique et la classe politique qui prétend les représenter. Un grand effort doit être fait pour reprendre possession de notre culture et pour reconnaître, face à tous les défis, que nous avons hérité d’un grand cadeau qui fait ou devrait faire envie au monde. Si vous ne le pensez pas, c’est que vous n’avez pas bien regardé le reste du monde.

L’une des caractéristiques les plus frappantes des écrivains de gauche que j’évoque est que, même lorsqu’ils bénéficiaient des plus grands éloges et jouissaient des plus hautes positions sociales dans leurs pays respectifs, ils n’exprimèrent en aucune circonstance une quelconque gratitude pour cela, ni pour rien d’autre. Leur vision du monde est celle du ressentiment, pour reprendre le terme de Nietzsche, et ils voient chaque don comme un piège, une autre forme secrète de domination. Dans une telle vision du monde, la gratitude est exclue : tout ce qu’il y a et tout ce qu’il y aura, c’est le « combat » pour une utopie qui, dans la nature des choses, ne peut jamais advenir. »

Article d’Anne-Laure Debaecker paru sur Valeurs Actuelles relayé sur journalpolitique.info


L’Erreur et l’Orgueil, de Roger Scruton, L’Artilleur, 504 pages, 23 €.

(1) « How to be a Conservative » (L’urgence d’être conservateur), Éditions du Toucan – L’artilleur, collection Essais, 2016.


Haroun en sables mouvants (2) : précisions

Suite à la polémique suscitée sur facebook, sur une page qui relaye nos articles, Malik clarifie quelques points à propos de son analyse à charge du sketche de l’actu de Haroun :

1/ Nous n’attaquons pas l’humoriste en tant que personne, ni en tant que comédien. Seulement sur le plan politique. Nous condamnons ceux qui insultent la personne, ceux qui insultent les lecteurs, bien entendu sans avoir rien lu de l’article.

2/ Nous rappelons que l’humour et la dérision sont partie intégrante des systèmes et régimes politiques depuis Athènes. L’humour n’est pas innocent, au contraire c’est un glaive, et particulièrement en France. Ici les estocades sont aveugles et mal orientées, comique de situation du coup.

3/ Nous attaquons son sketche qui s’aventure maladroitement sur un terrain politique. D’habitude chacun y prend pour son grade dans ses spectacles. Cette fois il a voulu aller avec cette instrumentalisation d’un attentat criminel pour viser, dans sa conclusion performative, ce qui fait le fondement de ce pays en forme de CQFD, et criminaliser tout conservatisme. C’est ce tour de passe-passe amalgamant qui est dénoncé.

4/ Un article à charge sert à secouer, il n’est pas une vérité définitive. L’intérêt est de montrer que tout n’est pas si simple. C’est de l’humour, certes, mais à l’âge des défèqueniouze et de la segmentation de la vérité, l’humour est pensée dominante. Lorsque l’on s’abreuve de youtube, twitter, facebook et autres perfusions d’images et clickbait on peut considérer que tout est innocent et que l’histoire est achevée à l’ère d’internet, qu’on doit rire de tout pour éviter de se sentir vide. Et vite un peu de contenu pour remplir l’esprit devenu contenant.

5/ Au contraire l’histoire et la politique ont repris du poil de la bête, et le cyberespace où Haroun joue des coudes avec ses concurrents n’est pas neutre. Surtout concernant les affaires politiques.

Malik pour journalpolitique.info

« La France, Syrie de l’extrême-droite » : l’humoriste Haroun en sables mouvants

« La France, Syrie de l’extrême-droite » : l’humoriste Haroun en sables mouvants

Vrai spectacle de la société spectaculaire.

Dans son sketche « De l’actu« , sous-titré prosélytement #OnRigoleBien, Haroun, humoriste français de 34 ans, forgé entre les figures des Inconnus, de Jamel Debbouze, de Coluche et du vénérable Thierry Ardisson, entreprend une mission politique partisane un petit peu particulière. Pour sa revue d’actualité, il choisit de traiter les deux grands thèmes du moment : le hidjab décathlon et l’attentat de Christchurch. Pour lui l’occasion de mettre à jour, sous couvert de dérision, les clichés les plus emblématiques du think-fast. Il pourfend pêle-mêle et nommément Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Marine le Pen (RN), Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Robert Ménard, Renaud Camus et finalement « la France blanche et chrétienne« , à qui il se permet de déclarer « niquez vos mères« , et « sincèrement et de façon raisonnée » qui plus est. Dans quel pays les rangs déculturés applaudissent-ils avec autant de ferveur les attaques ad hominem de la culture historique et nationale ? Analyse.

Un acte militant

Sur son premier sujet, il restera dans une vision monolithique. Toute critique du vêtement religieux serait pour Haroun une critique du sport en tant que tel, alors qu’il s’agit simplement de ne pas manifester d’appartenance religieuse dans l’espace public. Il se complaît donc à filer sa métaphore athlétique : « foulée islamiste » (00:30), s’attaquant à un NDA qui les voudrait « lentes » (00:45). Il échoue sa figure de style rhétorique sur les rivages du lexique de la guerre bas, avec une douteuse « chasse aux musulmans en forêt« . Il fait le parallèle avec l’attentat de Christchurch procédant de mêmes chasses. Donc qui protège la laïcité et la culture historique en France soutiendrait de facto l’égaré criminel de Nouvelle-Zélande. On n’osait pas de tels parallèles et amalgames jusqu’alors concernant les attaques de 2015. Il en fait même le strapontin rhétorique pour aborder son second sujet, le vif. Et l’assume : « On va en parler un peu. Je vous le dis tout de suite » (01:15).

Une démonstration polémique en cinq estocades aveugles :

1- Contre le traitement médiatique des attentats islamistes. Haroun dit grosso modo que les médias fabriquent les attentats en citant toujours un témoin du cri « allah akhbar » lors de l’agression. Cette théorie complotiste en vogue sur internet et en réalité exonère parfois même les attaques de Toulouse ou de Strasbourg, « montées de toutes pièces ». Tout comme les sites complotistes antisionistes, il vise nommément CNews (01:36).

2- Son interprétation de l’attentat en Nouvelle-Zélande : « un mec d’extrême-droite qui est venu en France et qui s’est radicalisé en France » nous informe-t-il. Accusant son pays, sa terre, d’être une « Syrie de l’extrême-droite« , à partir de son postulat militant « extrême-droite dupont-aignan = djihadisme global », il nous explique qu' »il est retourné faire l’attentat« , alors même que le tueur est allé expressément en Nouvelle-Zélande pour son éloignement qui marque la globalité du conflit.

Pour ces influenceurs, l’opinion c’est avant tout la dérision, le détournement de ce qu’on pourrait qualifier de « vrai » ou « réel ».

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3- Son attaque en règle du grand remplacement. Haroun a le mérite de dire qu’il s’agit d’une « pensée d’un auteur français« , car en effet le livre est complexe. Néanmoins de le restituer dans une logique binaire musulmans arabes-chrétiens blancs (voulue par la guerre du bas qu’il croit contrer), alors même que Camus évoque un « grand remplacisme global qui veut faire de l’interchangeabilité des attributs économiques et culturels la norme, plutôt que l’amitié des peuples« , et non pas des oppositions binaires. Il montre qu’il ne l’a pas lu et ne compte pas le lire. « Je ne comprends pas cette théorie. Pour moi on s’est mélangés de tous temps, on se remet en question« . Oui, pour toi. La théorie dit justement que le mélange naturel et historique, l’amitié des peuples, les carrefours de civilisation comme l’Europe c’est bien, mais un seul grand peuple planétaire déculturé, technicisé, sans passé et interchangeable c’est moins bien. Dans cette logique il n’y a pas » les chrétiens contre les musulmans » ou autre pensée simpliste, mais une gouvernance mondiale face à des résistances culturelles enracinées et transcendantes.

3- Suite : Haroun ne comprend pas la nuance. Il s’enfonce avec une drôle d’image : des singes autour d’un arbre. Les singes du bas sont évolués, mélangés. Dans cet état de nature à la Hobbes ou Marivaux, c’est désormais la grandeur morale mélangiste qui est dominante. Le singe resté dans les branche, parce qu’il ne se soumet pas au dictat du grand remplacisme multiculturel (préfère une pluralité de foyers nationaux et le droit des peuples à disposer d’eux mêmes) est évidemment réactionnaire, « Ericus Zemuris, un singe qui se nourrit de ses propres excréments » (03:27). Encore un axiome tautologique : « évidemment qu’on se mélange » (04:05). Sur les Bretons, peuple ô ancien, Haroun fustige « Ils savent pas qui ils sont,ils savent pas tu vois » (04:15). On le renverra une fois de plus à la science historique. Mais ensuite, il déclare qu’un juif polonais et un juif tunisien ce n’est pas tout à fait pareil finalement (05:00). Donc les peuples auraient des spécificités, professeur Haroun ? Merci de vous mordre la queue pour nous.

4- La théorie du complot : celle-là même qu’il justifie, il voudrait la critiquer à partir du syllogisme. Pour l’humoriste qui a revêtu un costume de défenseur de la raison, mais cousu à l’envers, ceux qui « pensent » sont en fait dans des erreurs logiques. Leur erreur n’est pas d’appréciation : est-ce que les populations changent, migrent, se développent etc., elle est une erreur logique et totale de leur esprit malsain. Ceux qui sont dans le vrai sont ceux qui ont cette vision de bien bas étage, comme celle qu’il professe d’un œil souvent sérieux révélant le tigre sous l’agneau.

5- Contre Eric Zemmour : il croit que Zemmour « s’injecte du seum en intraveineuse » (06:40), alors même que Zemmour injecte du seum entre « caïds patriarcaux des banlieues » et ces « petits blancs« , ces « gaulois » païens qui se feraient prendre leurs femmes. Une fois de plus, la lucidité de l’humoriste se manifeste avec faiblesse. Il en vient à servir la guerre du bas zemmourienne en incarnant drôlement l’islamiste lambda caïd (07:50) :

Haroun imagine les personnages décrits par E. Zemmour

Mais ensuite il l’incarne avec beaucoup moins de drôlerie. « J’ai trouvé une solution : niquez vos mères. Attends ! c’est pas pour être insultant, ils peuvent se reproduire avec leur propre mère ou sœur, pour faire des enfants bien teubés mais bien purs« . Et regardant le sol, avec un peu d’émotion dans la voix car il se rend compte qu’il attaque ce pays qui l’a élevé et se sent ridicule, la parousie : « cette culture chrétienne blanche, défoncée« . Se rend-il compte de ses mots ? Il soupire : « voilà« . Fin du sketch, mission accompli du militant utile. Il n’avait en fait qu’une seule cible bien amalgamée. Utile car un public à qui l’on vend sa propre culture comme « puant le cadavre« , pour lui faire intégrer l’idée de sa remplaçabilité est une belle offrande au djihadisme global, vu le contexte que l’on sait très tendu. Ses bonnes intentions feraient mieux de toucher à ces questions avec humilité et précaution.

BONUS: Axel Leclercq de positiv.fr de s’extasier :  » Décryptant les raisonnements xénophobes, l’humoriste passe en revue quelques actualités marquantes des semaines passées. Brillant. » (26 mars). « Décrypter » est le rôle de la philosophie et des sciences, à la rigueur du journalisme, mais pas de l’humour boboï-centré. Comme quoi pour ces influenceurs, l’opinion c’est avant tout la dérision de type perroquet. D’ailleurs, Haroun ne se prive pas de moquer la méthode journalistique, qui prétendument ne relaye que des informations fausses à partir de faux témoins, et des sciences sociales (il ne connaît aucun sociologue on dirait… 07:24 des études existent sur la « seconde zone », voir les travaux de Fabien Truong qui montrent bien le lien étrange entre fondamentalisme culturel et délinquance agitée)

Malik pour Journalpolitique.info

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