La fierté d’être Européen (3)

La fierté d’être Européen (3)

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent, pour mieux penser à leur avenir.

Les belles femmes

Mais cette description succincte des réalisations de l’Europe chrétienne au Moyen-âge resterait incomplète si le sujet du statut de la femme n’était pas abordé. Abstraction faite des difficultés de l’existence qui d’ailleurs affectaient davantage les hommes que les femmes, le moyen-âge a été plus favorable aux droits des femmes et à leur autonomie que la renaissance et les lumières. Le christianisme y a joué un rôle central en affirmant l’égalité des sexes et leur égale dignité, tel qu’enseigné dans la bible. Les personnages bibliques de sexe féminin sont nombreux ; d’Ève à Marie mère de Jésus, en passant par Sarah, Haggar, Rebecca, Rachel, Dalila, Ruth, Bethsabée, Athalie, Esther, Judith, Élisabeth et Marie de Magdala, les femmes sont à l’honneur, elles présentent en majorité des modèles positifs : intelligentes, sages, aimantes, sensibles, courageuses, entreprenantes et résolues, elles jouent un rôle central dans la protection du peuple de Dieu et le salut de l’humanité. Le moyen-âge peut s’enorgueillir de ses savantes abbesses, de ses poétesses, de ses patronnes d’entreprises, et même de ses guerrières, elles étaient libres et fortes. Rien n’illustre autant le haut rang acquis par la femme au moyen-âge, que le lien qui attache le preux chevalier à sa dame et qui s’exprime par l’amour chaste, le respect voire la soumission. Également l’essor du culte marial et la consécration de plusieurs cathédrales et églises à la Vierge Marie, nous disent à quel point le Moyen-âge avait une haute idée de la femme.

Fierté ne veut pas dire méchanceté ou oubli

D’aucuns m’accuseront de contempler l’Europe avec des lunettes fortement teintées de rose. Qu’ils se rassurent je n’occulterai pas les « graves péchés » qu’elle a commis et commet encore, et dont les principales victimes ont été et le sont encore les peuples européens. Le chapelet de conflits violents qui ont ensanglanté l’Europe, de la guerre de Trente Ans jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, est un indice qui ne trompe pas d’un mal profond qui ronge ce continent. Ce mal c’est la sagesse qui vient à manquer au moment où l’Europe en a le plus besoin, car l’effervescence et le dynamisme ne  ; vont jamais sans excès. Il y a un rêve qu’il est sage de ne pas réaliser. Ce rêve, aussi inutile que nuisible, c’était et c’est toujours la fusion des nations européennes dans une seule entité : un Empire, un Reich ou une Union. Le génie des Européens ne peut donner sa pleine mesure sous un régime de tutelle, chaque nation européenne a besoin d’espace pour se mouvoir et respirer. Les nations européennes me font penser à des porcs-épics, qui pour vivre en bon ménage doivent garder une certaine distance entre eux, mais qui par temps froid doivent se rapprocher l’un de l’autre pour conserver la chaleur. Exercice périlleux et équilibre difficile à atteindre, ce qui rend folle l’idée de les attacher l’un à l’autre.

Mais cette idée folle n’a jamais cessé d’être entretenue, les fleuves de sang qu’elle a fait couler ont fini par miner la conscience des Européens. Les millions de morts des deux guerres mondiales ne sont jamais absents de leur mémoire, la souffrance morale pour être sourde, n’en est pas moins profonde, il n’est rien de plus douloureux que la blessure qui ne guérit pas.

La fierté d’être Européen (2)

La fierté d’être Européen (2)

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent, pour mieux penser à leur avenir.

L’unité culturelle de l’Europe

Parlant de monastères et de couvents, leurs croissances en nombre et en taille en ont fait des centres économiques de premier plan, leurs surplus de production les ont amenés à participer à des échanges commerciaux d’envergure ; l’accumulation de capital qui en a résulté a permis d’investir davantage dans les moyens de production et dans la construction de nouvelles infrastructures ; c’est là que le capitalisme a vu le jour, ses bienfaits n’ont pas tardé à s’étendre à la population qui gravitait autour des monastères. La prospérité a été favorable à la piété populaire, l’essor des sites de pèlerinages et la croissance du nombre de pèlerins ont eu des retombées sociales, culturelles et économiques semblables aux retombées du tourisme aujourd’hui. C’est ainsi que les pèlerins européens ont contribué à unifier culturellement et spirituellement l’Europe.

Les universités telles que nous les connaissons ont vu le jour et se sont répandues au Moyen-âge : Bologne, Paris, Montpellier, Oxford, Arezzo, Salamanque, Padoue, Naples, Toulouse, Cambridge, Coimbra, Pérouse, pour les plus anciennes, suivies plus tard de Prague, Cracovie, Vienne, Heidelberg, Cologne, Leipzig. Des bibliothèques ont également été aménagées au profit des étudiants et de leurs maîtres. La théologie, le droit canon, les langues et la philosophie y étaient enseignés, on y apprenait aussi l’art de débattre et de convaincre ; mais les sciences de la nature (mathématiques, optique, astronomie) ainsi que la médecine avaient également leur place et il est notoire que des hommes de religion tels que Robert Grossetête, Roger Bacon et Albert de Cologne aient été les premiers à jeter les bases de la connaissance scientifique et de la science expérimentale. Le mythe de l’obscurantisme du moyen-âge européen a la vie dure, il reflète le point de vue biaisé des philosophes du dix-huitième siècle à l’égard de leurs devanciers.

La fierté d’être européen

La fierté d’être européen

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent pour mieux penser à leur avenir.

L’auteur : « tout homme a deux patries, la sienne et la France »

Je ne suis pas européen ni de souche européenne, j’observe l’Europe d’une certaine distance ce qui me donne l’avantage de l’éloignement. Francophone et francophile, je me souviens de ce qu’on nous enseignait à l’école au sujet de la France : « tout homme a deux patries, la sienne et puis la France. » En paraphrasant cette citation de Thomas Jefferson, je me permets de l’étendre à l’Europe : « Tout homme dans son cœur vit sur deux continents, le sien et puis l’Europe. »Pourquoi l’Europe ? Répondre à cette question exigerait d’écrire un traité de plusieurs volumes, mais un traité qui je le crois pourrait se résumer en une seule phrase : « Parce que sans l’Europe le monde d’aujourd’hui serait pareil au monde de l’antiquité. »

L’Europe et l’Amérique

L’Europe d’aujourd’hui est le produit du Moyen-âge, époque bénie durant laquelle ont été réunies toutes les conditions requises pour le progrès. Un progrès continu qui, du moyen-âge à la postmodernité, en passant par la renaissance, les lumières, la révolution industrielle et le vingtième siècle, ne s’est jamais démenti. On peut raisonnablement affirmer que ce qui distingue la civilisation européenne de toutes les autres est cet élan irrésistible qui l’amène à se surpasser.

Certes la civilisation européenne se confond avec la civilisation occidentale. Cette dernière n’est pas exclusivement européenne, elle est aussi américaine. Mais l’Amérique est fille de l’Europe, un cordon ombilical les relie toutes les deux, qui leur permet de se nourrir l’une de l’autre, à tel point qu’il est difficile à présent d’imaginer que l’une pourrait survivre après la disparition de l’autre.

Europe : Manuel Valls en pivot franco-catalan ?

Europe : Manuel Valls en pivot franco-catalan ?

En ce début de semaine, une tribune de 41 sénateurs français (LR-LREM-PS-PCF) condamnait « les répressions dont sont victimes des élus légitimes, représentants politiques de la Generalitat de Catalogne emprisonnés ou forcés à l’exil pour leurs opinions dans l’exercice des mandats que leur ont confiés les électeurs » et plus largement le processus démocratique de résolution du conflit entre l’Espagne, la constitution, et la Catalogne, le gouvernement local « réprimé ». « Les manquements aux valeurs démocratiques peuvent paraître choquants en Hongrie, en Pologne, ou en Roumanie mais ne le sont pas forcément quand il s’agit de l’Espagne » : une façon de dire qu’il faut s’ingérer en cas de populismite aigue, même si l’Espagne est un voisin direct souverain ?

Manuel Valls a tiré un trait sur la France pour l’instant, il l’a montré en abandonnant son mandat électoral, onction solitaire de l’Essonne (91). Il est désormais engagé pour Barcelone, dans une campagne où il se voit perdant face à plusieurs journalistes, dans ce choix électoral qu’il juge plus intime que politique (JDD). Il a néanmoins reçu lundi le soutien en personne de Bernard Henri-Lévy, présent à Barcelone dans le but de pourfendre ce qui devient « la capitale du populisme« . « Les gilets jaunes, l’extrême-droite, les indépendantistes » : le prêcheur Looking for Europe se doit d’épauler Manuel Valls, qui s’étend ces derniers temps en confidences privées alors que sa vie change. Une façon de le requinquer ? Ou un story-telling à l’échelle européenne ?

« Appelez-moi Manuel, ici tout le monde m’appelle Manuel.Variante : senyor Valls ». Tout cela lui va bien au teint – il n’a plus les sempiternelles plaques rouges à la jonction du cou et des joues, et des joues et des oreilles. « On a ­retrouvé le Manuel qu’on avait perdu entre l’Intérieur et ­Matignon ; il est sorti de l’impasse « 

Anna Cabana, JDD 16/03/2019

Enfin, le gouvernement français et le président du Sénat Gérard Larcher, réassurant sa « pleine confiance et son soutien à l’égard des autorités espagnoles« , condamnent cette initiative. « Il n’appartient pas à la France de s’immiscer dans des procédures judiciaires en cours« , écrit le Quai d’Orsay dans un communiqué, rappelant que la France est évidemment attachée « à l’unité et à l’intégrité de l’Espagne« . Ces attaches, Manuel Valls y souscrit dans la foulée : il qualifie sur Twitter le manifeste« d’irresponsable » et invite « ces 41 sénateurs à suivre en direct le procès de ceux qui ont violé la Constitution espagnole », saluant loyalement « le soutien du gouvernement français à l’unité de l’Espagne » par la suite.

Conclusion : cette campagne européenne montre bien que les enjeux sont liés. Le camp pro-européen et les institutions de la campagne Looking for Europe, critiquée pour utiliser la langue shakespearienne en plein Brexit et la démarche à tâtonnements, soutiennent-elles un Valls pro-unitaire ou les indépendantistes catalans ? De l’Algérie à l’Allemagne, de la France à la Hongrie, de l’Italie à la Turquie, de l’Angleterre à l’Autriche, ce qui se passe en ce moment en lié à une conscientisation massive et une renaissance des volontés démocratiques. La preuve pour la France, notre ancien premier ministre n’est jamais loin.

Affaire à suivre,

Journalpolitique.info

Tribune de Macron pour la renaissance européenne : oui à l’Europe dans le monde

Nous remercions Charles, de Meyzieu (69) pour sa réaction à la tribune du PR que nous avons publiée en intégralité, que nous publions volontiers après aller-retour éditorial avec notre équipe, pour faire vivre le débat.

Vous souhaitez une tribune de lecteur ? Vous pouvez écrire à malik@journalpolitique.info

Merci à JP de publier in extenso un discours essentiel, plutôt que de butiner des petites phrases à l’effet délétère.
L’Europe est une question si vaste, si complexe, si fascinante et si chargée de passions (y compris les plus laides, on le voit avec la lamentable affaire du Brexit!) qu’elle ne mérite pas d’être raccourcie dans des dans quelques extraits tronqués repris par toutes les rédactions du buzz.
Une Renaissance de l’Europe ? Oui, absolument. La Renaissance des XIIIème-XVème siècles est notre a été une grande étape civilisationnelle pour ce nous sommes aujourd’hui. Elle ouvrit un monde d’effervescence où les plus belles voix s’exprimèrent, de la peinture de Botticelli aux géniales inventions de Leonardo da Vinci ou de Michel-Angelo, de la réflexion politique de Machiavel à l’humanisme d’Érasme, de la volonté de libération religieuse de Luther à la Divine Comédie, de l’invention des techniques modernes de finances commerciales et publiques à la résurgence des grands philosophes antiques grâce aux penseurs arabes d’Andalousie et aux chrétiens de la Méditerranée, de la médecine à l’agriculture qui permettra de sauver sauf accident des grandes famines. C’est encore l’Europe de la Renaissance qui découvrit son monde.
Aujourd’hui que nous savons combien les civilisations sont mortelles. D’un point de vue générationnel, ayant observé l’histoire je mesure mieux encore combien une renaissance est nécessaire. Que les plus jeunes s’emparent de notre civilisation pour savoir où on veut aller. Nous avons toute raison de vouloir une Renaissance.

Aujourd’hui que nous savons combien les civilisations sont mortelles, Nous avons toute raison de vouloir une Renaissance.


Nous n’avons plus l’illusion de croire à une consommation indéfinie de notre planète: en 2018, nous en sommes arrivés à l’avoir consommée dès le 24 juillet ! Nous devons dépenser des ressources de plus en plus grandes pour ne pas voir sombrer notre « modèle » de consommation, ce qui est aberrant ! L’esprit et la culture européenne survivront à une transformation de notre mode de vie, obligatoire envers la nature.On peut espérer que l’argent-roi n’y survivra pas.Nous pouvons devenir un havre d’harmonie de l’humain et de la nature. Quand le Président de la République invite l’Afrique dans ce grand projet, c’est le signe humaniste que la Renaissance de l’Europe ne se fera pas seule mais en solidarité, dans cette hauteur de vue de sa mission dans le monde. Le débat du colonialisme sera définitivement tourné si nous nous tenons main dans la main avec l’extraordinaire continent qui a donné naissance à l’humanité ! Oui à l’Europe des peuples libres et amis, oui à l’Europe souveraine et sensible au monde, oui à une vision lucide, sincère et humaniste pour pour notre continent et pour l’humanité.

Nouvelles de Meyzieu, Rhône (France).

Malik pour journalpolitique.info



Europe : Macron s’adresse aux 27 et sort l’artillerie, la tribune complète

Europe : Macron s’adresse aux 27 et sort l’artillerie, la tribune complète

Palais de l’Elysée, lundi 4 mars 2019  

Pour une Renaissance européenne

Citoyens d’Europe,   Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.   Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant,  jamais l’Europe n’a été autant en danger. Le   Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux  besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne  ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire. Face à ces manipulations, nous dev ons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique   : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous  proté ger aujourd’hui  : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes  puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions- nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une  force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou  la protection des droits sociaux, était possible. Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo  et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe  ? Que fait l’Europe  ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils  prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès .

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme , la diversité des opinions, de la création.    Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties  qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet espri t d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères . Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence , car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.  

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des l imites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité.    Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen  : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile,   avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile , des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure  : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières. Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité   de défense   et de sécurité   devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et  nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume-Uni pour préparer nos décisions collectives.  Nos frontières doivent aussi assurer une  juste concurrence . Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons  pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre  politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques   et nos valeurs essentielles , comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne  comme le font nos concurrents américains ou chinois.  

Retrouver l’esprit de progrès  

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant -garde : elle a toujours su définir les normes du progrès . Pour cela, elle doit porter un projet de convergence  plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social  lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque  pays et discuté chaque année collectivement. Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons -nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition  –   0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025  –   et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat  pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne  pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante  des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… Cet impératif d oit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement  pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat. Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes  (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation  en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis,  pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle . Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique , avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès . Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne.  Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place  une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique , sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens , auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ? Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume- Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place. Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de  progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire.

C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.  

Emmanuel MACRON


Les grands quotidiens ont déjà repris le message (en Italie ou en Allemagne). A la façon de Bonaparte en Italie, on peut dire que Macron sort du bois et que la véritable bataille pour l’Europe commence. Notre analyse à paraître dans quelques jours, restez connectés.

Journalpolitique.info via service de presse de la Présidence de la République