Fin du Grand débat : en conférence de presse, Macron s’assume prophétique et républicain

Fin du Grand débat : en conférence de presse, Macron s’assume prophétique et républicain

Pour sa première conférence de presse, le PR Emmanuel Macron surélevé, encerclé d’une ecclesia (assemblée) de journalistes français et internationaux tournée vers le trône républicain. La mise en scène est parfaite, assez solennelle ou cocasse par moments, mais toujours très contrôlée. De nombreuses analyses vont être produites, nous voulons juste apporter quelques éléments de symboles. Pour journalpolitique.info

Au palais de l’Elysée le 25 avril 2019

Nous avons ici l’élu qui décide. Le roi républicain, flanqué des double-drapeaux : les douze Étoiles de Marie de la solidarité européenne, et Tricolore de la Nation (issu des armées révolutionnaires). Les armoiries de la République française occupent le fond du décor. Tout axe du conférencier invite à observer le grand blason et ces différents symboles. Les crânes sont légèrement prosternés, inclinés tout ouïe, transcrivant tandis que le roi énonce. Le cadrage symbolique est parfait pour donner toute sa place au verbe, qui est la matière mise officiellement en question. C’est le verbe qui sera commenté dans la presse.

Le cadrage médiatique pour les télévisions est lui aussi parfait, par exemple BFMTV qui transmet en direct :

BFMTV du 25/04/2019

Les symboles : derrière le PR, la salle des Fêtes a ainsi pu dévoiler des emblèmes républicains de bien meilleur aloi que le grand tableau du bureau présidentiel. On note que l’essentiel tel que figurant sur les passeports demeure.

Emblème de la République française (RF)

Ces emblèmes ne sont frappés d’aucune définition juridique dans les constitutions. Depuis 1870 et la fin du Second empire, les constitutions républicaines ne mentionnent que la devise, l’hymne et le drapeau.

Un bouclier de pelta gaulois, la hache (le faisceau de licteur), le chêne français dont était issue la forêt de Notre-Dame, et l’olivier séculaire.

Ces armoiries républicaines sont progressivement instaurées à la fin du XIXe siècle à partir d’éléments plus anciens, lors de la consolidation de la IIIe République qui fera aussi usage de la Statue de la Liberté. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est introduite ainsi que le drapeau tricolore. Sous l’État français, après la fin de la IIIe République, le tricolore sera indexé à la Révolution nationale et le faisceau, emblème personnel du Maréchal Pétain, sera lui-même tricolore et étoilé :

Drapeau de la France de Vichy, domaine public

Sous les quatrième et cinquième républiques, on revient à la forme initiale des années 1890-1900, et les emblèmes restent utilisés pour les affaires diplomatiques, consulaires ou autres activités historiques de l’État.

L’Élysée, tête de l’exécutif et siège du roi républicain, s’est elle-même dotée de ces attributs symboliques à partir de 2010, pour mieux incarner la mission séculaire du chef de l’État français, dans son rôle unique.

La tradition républicaine, semblable à toute autre tradition aristocratique, permet à l’Élysée de déployer blasons et emblèmes personnels, tel le tableau souvent mis en scène et ce que livre cette conférence dans la salle des fêtes.

C’est là la nouveauté essentielle, l’emblème mis en avant aujourd’hui adjoint la Croix de Lorraine à l’ensemble. Dès 2018, sous l’impulsion de Macron promouvant des références gaulliennes, sans nier le reste des symboles. Ici, la Croix de Lorraine, croix d’Anjou, fait sa seconde apparition dans les armoiries, car la conférence de presse a un caractère diplomatique.

Source : fr.wikipedia.org

Pour tout citoyen qui a regardé des extraits de cette conférence de presse, cela montre bien qu’Emmanuel Macron assume une position de synthèse vis-à-vis de l’histoire de France. Il rend le chef de l’Etat, la fonction elle-même dépositaire de la contradiction entre Pétain et De Gaulle, dans une résolution symbolique

Emblème de la Présidence depuis 2018

Le PR montre bien qu’il prend sa mission présidentielle au sérieux et voudrait couper l’herbe sous le pied de ses opposants sur le plan symbolique, puisque le gaullisme est transpartisan.

« Le chef de l’Etat a voulu marquer les nombreux anniversaires ‘gaulliens’ de son quinquennat. Les 60 ans de la Constitution de la Ve République, les 50 ans de la mort du général de Gaulle et les 80 ans de l’appel du 18 juin. »

D’autant que la Croix de Lorraine existe dès le XVe siècle et que son sens gaulliste renvoie généralement à la France libre. On remarque aussi que le faisceau supplanté de la croix ne contient plus de faisceaux : un dépassement synthétique du fascisme ? L’essentiel est de voir ici dans l’attelage symbolique la fonction qui dépasse l’acteur politique.

Emmanuel Macron possède-t-il la force de la conviction indispensable à la posture prophétique parée d’emblèmes ?

Les gilets jaunes sont un « mouvement inédit, impatient que les choses changent plus vite et plus radicalement et que le peuple français puisse avoir sa part du progrès, dans un monde incertain« . Le PR réaffirme la logique de sa réponse au mouvement, initiée le 10 décembre : « C’est pour cela que j’ai voulu ce grand débat national, exercice inédit dans les démocraties contemporaines. »

On voit ici le particularisme de la symbolique républicaine universelle que les royalistes ne partageraient pas

Cet épisode de clarification, et la séquence politique après l’incendie de Notre-Dame de Paris pourront-ils s’achever par une victoire de cette posture de synthèse ? Le PR se positionne comme un pôle aspirant.

Parle-t-on d’une posture de synthèse subie des contraintes et au rabais comme Hollande miné par la fronde, ou d’une synthèse proprement prophétique telle que symbolisée en cet être supérieur, quitte à être impopulaire comme le déclare Macron ? Doit-on faire confiance à un guide de l’humanité à la tête de la République universelle ?

Les électeurs trancheront.

A suivre rapidement,

Sur journalpolitique.info

Paris : l’écologie politique assiège le Ministère ce matin, ainsi que Total et EDF

Le millénarisme converge avec les luttes de l’éco-féminisme et la lutte pour la justice climatique. Un live démarre dès 10h30 pour montrer les forces déjà en place. Le placardage de « Macron président des pollueurs » revêtit le ministère.

Via J-terre

Le Ministère envoie une stagiaire, engagée depuis deux semaines, pour répondre aux questions des organisateurs qui diffusent devant un peu plus de mille personnes. Un rapport serait apparemment remis en fin de stage.

Une représentante francilienne de Youth for Climate propose du « sabotage massif » et taper « au maximum sur l’écologie consensuelle et le capitalisme vert« . « Il faut aller vers des blocages qui durent longtemps sur le modèle ZAD. »

« IL NE FAUT TRAVAILLER POUR DES ENTREPRISES ECOCIDES COMME TOTAL. JE VEUX TRAVAILLER POUR LE VIVANT. NOUS DEVONS FAIRE PRESSION A L’INTERIEUR DU SYSTEME EN CREANT UNE ALTERNATIVE RADICALE. » J-Terre

Elle ajoute qu’il faut « désobéir au quotidien« . « Au final on n’y connaît rien, il y a des experts, mais c’est plutôt le capitalisme qui est problématique, on a les solutions et il faut rester sous la barre des 2°« .

Méfiez-vous de cette scène de crime climatique.

Via le J-terre

Pour De Rugy, ces militants « se trompent de cible« .

A suivre en cette belle journée de printemps,

Journalpolitique.info

Notre-Dame : F-X Bellamy tempère les ardeurs macronistes et dénonce la « manie de la disruption »

Notre-Dame : F-X Bellamy tempère les ardeurs macronistes et dénonce la « manie de la disruption »

Voilà un nouveau personnage sur la scène politique nationale : François-Xavier Bellamy professeur de philosophie élu à Versailles, tête de liste LR pour les élections européennes du mois de mai prochain (23-26 mai).

Bellamy n’est pas honteux de son conservatisme et s’accorde à l’idée d’une renaissance européenne sur le fond. Face à la multiplication des déclarations ambitieuses du Président de la République et de son gouvernement (reconstruction en cinq ans, grand concours international, modernisme), le chef de file Bellamy s’en prend à cet orgueil pour inviter à mieux observer l’héritage dont est issue Notre-Dame de Paris. Dans une série de messages, il en appelle à l’humilité contre le profit politique et l’accaparement :

Sur Twitter, le 18/04/2019

Bâtir, hériter… l’histoire de la civilisation ?

Une dépêche pour journalpolitique.info


Brexit : Macron conteste Berlin et s’affirme indépendant de l’Allemagne

Brexit : Macron conteste Berlin et s’affirme indépendant de l’Allemagne

« Emmanuel Macron semble avoir fait son deuil de la relation franco-allemande après y avoir longtemps cru«  Via Libération du 15/04/2019 : Le couple franco-allemand au bord du divorce. Voir nos analyses précédentes de la stratégie de la Sorbonne sur journalpolitique.info

La fiction du «couple» franco-allemand a volé en éclats lors du sommet spécial Brexit, mercredi et jeudi. S’il y a souvent eu de profonds désaccords entre les deux rives du Rhin, c’est la première fois qu’Angela Merkel l’a affiché publiquement et sans précautions diplomatiques excessives. La chancelière a jugé «incompréhensible» le «raisonnement» d’Emmanuel Macron défavorable à une extension trop longue du délai avant un Brexit définitif, alors qu’elle était prête à donner un an de plus à Theresa May pour lui donner le temps d’essayer de faire adopter l’accord de divorce conclu avec l’Union. 

Le «raisonnement» du chef de l’Etat français est pourtant simple : l’Union, confrontée à d’autres défis, ne peut se permettre d’être prise en otage par une classe politique britannique incapable de mettre en œuvre la décision d’un référendum qu’il a lui-même provoqué… Finalement, un compromis a été trouvé – prolongation jusqu’au 31 octobre –, mais le gouvernement allemand n’a pas caché sa colère face à la résistance d’un partenaire d’habitude plus docile. Norbert Röttgen, le président (CDU) de la commission des affaires étrangères, n’a pas hésité à accuser Macron, dans un tweet vengeur, de «donner la priorité à ses intérêts de politique intérieure sur l’unité européenne». Car il est bien connu que Berlin n’a jamais aucune arrière-pensée de politique intérieure, comme l’a si bien démontré la crise grecque gérée de façon brutale pour ne pas effrayer les électeurs allemands…

L’intérêt allemand n’est pas l’intérêt européen

Curieusement, les médias français ont souligné l’isolement de Paris – qui était pourtant soutenu par la Belgique, le Luxembourg, l’Espagne, Malte, mais aussi, en second rang, par l’Autriche et le Danemark –, l’accusant presque de ne pas avoir joué collectif en refusant de s’aligner sur Berlin. «Il est incroyable que l’on nous présente comme des empêcheurs de tourner en rond alors qu’on a été les empêcheurs de sombrer en rond face à la mollesse collective», se récrie-t-on à l’Elysée. Une position que Macron s’apprête à assumer ce lundi en votant contre l’ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis, là aussi initiée sous la pression de l’Allemagne, qui craint que Donald Trump ne taxe ses importations automobiles. Relancer un succédané du défunt traité de libre-échange transatlantique (TTIP) n’est en effet sans doute pas la meilleure idée qui soit à deux mois des élections européennes, alors que partout la pression de partis démagogues et isolationnistes grandit…

Emmanuel Macron semble avoir fait son deuil de la relation franco-allemande après y avoir longtemps cru. Il a pris conscience que les démocrates-chrétiens de la CDU-CSU, mais aussi les sociaux-démocrates, défendent avant tout les intérêts allemands travestis en intérêts européens, comme on l’analyse désormais en France. Depuis un an et demi, le chef de l’Etat n’a cessé de recevoir des rebuffades sur quasiment tous ses projets (création d’un budget de la zone euro, d’un Parlement de la zone euro, d’une taxe sur les géants du numérique, d’une Europe de la défense, etc.). Désormais, il n’est plus question de faire semblant ou d’accoucher de compromis qui affaiblissent l’Union : si Berlin ne veut plus d’Europe ou seulement d’une Europe allemande, elle doit l’assumer. Mais Paris est déterminé à ne plus jouer les passe-plats au nom d’une Union qui n’a plus d’européen que le nom

.Jean Quatremer BRUXELLES (UE), correspondant Libération

Relayé sur journalpolitique.info

Lyon : duel persique en vue. Gérard Collomb ne veut pas partir divisés

Lyon : duel persique en vue. Gérard Collomb ne veut pas partir divisés

L’actuel président de la Métropole s’était déclaré candidat à sa réélection. Il a mis au point les premiers éléments de sa stratégie cette semaine, devant ses troupes réunies à l’Odéon (Lyon 2e). L’actuel maire de Lyon, qui se trouve bien mieux place de la Comédie que place Beauvau, lui a tout simplement proposé de se retirer à son profit, lui laissant en revanche chance libre à l’Hôtel de Ville…

Voici ce que déclarait Gérard Collomb (LyonMag 04/2019) :

Au Point, il avait auparavant livré un entretien remarqué.

Photo du Point, portrait assez conquérant de stature nationale (édition du 4 avril 2018)

Dans cet entretien, le maire de Lyon jugeait :

« Il y a une seconde étape à tracer. Emmanuel Macron doit sortir de façon positive du grand débat, ce qui est complexe, car beaucoup d’idées ont été brassées, et nous sommes dans un contexte de préparation des élections européennes. Surtout, le président a déjà engagé 10 milliards d’euros. Avec le grand débat, Emmanuel Macron a fait une deuxième campagne électorale et il n’est jamais aussi bon que dans ces circonstances. Mais on n’est pas toujours en campagne électorale. Après, il faut faire des choix. Et s’y tenir« .

Gérard Collomb au Point

Il évoque aussi sa situation à Lyon en faisant allusion aux guerres fratricides persiques. Le maire historien pense que le jeune ne peut qu’échouer contre l’ancien. Emmanuel Macron et David Kimelfeld, sont tous deux des « fils spirituels ».

A voir si la droite, assez active dernièrement, pourrait profiter de ces querelles pour progresser. A gauche, on voit aisément les écologistes en position de force, ainsi que le PCF. Qui pour espérer mettre à profit ce duel persique ?

Pour Collomb, c’est simple nous apprend rue89 : il «  prévient, mais cela sonne en fait comme une menace : si les divisions perdurent, la droite a toutes ses chances de remporter les élections locales de 2020. Il le sait bien, lui qui, en 2001, avait bénéficié des fractures du parti adverse, enclin à perdre, à cette époque.  » (04/2019)

A suivre,

Sur journalpolitique.info

Stratégie de la Sorbonne : échec du budget de la zone euro ?

Stratégie de la Sorbonne : échec du budget de la zone euro ?

Emmanuel Macron sait que le budget doit être prêt à un usage contre-cyclique en cas de crise financière mondiale, ou européenne comme la crise grecque. Une zone à monnaie unique a besoin de coordination budgétaire renforcée. Sa promesse de campagne d’un budget de la Zoneuro a abouti cette semaine à un fond européen de 22 milliards d’euros, financés sur sept ans par les Etats-membres de l’UE. La résistance hollandaise et allemande, ordo-libérale et méfiante, a écarté les ambitions du président de la République (parlement de la Zoneuro, ministre des finances, harmonisation fiscale sur les entreprises et budget de la Zoneuro).

Selon le Financial Times, on attendra néanmoins la bataille des européennes : le dispositif sera finalisé et annoncé en juin. Une fois les cartes rebattues, on verra si la présidence française est toujours en mesure de pousser la stratégie de la Sorbonne face aux deux démocraties libérales excédentaires méfiantes de tout outil d’intégration budgétaire.

Promesse tenue pour Emmanuel Macron ? On reprochait beaucoup à François Hollande de n’avoir pas modifié l’équilibre européen en 2012, et notamment le Traité stabilité croissance qui commençait à fortifier ces dispositifs de la Zoneuro. Reconnaîtra-t-on à Emmanuel Macron l’initiative, comme sur le Brexit ? Ou souhaite-t-on l’échec de la stratégie carolingienne ?

L’élection du 26 mai déterminera une bonne partie de ces voeux.

Sur journalpolitique.info

Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Les dysfonctionnements administratifs qui ont conduit au limogeage du Préfet de Paris et ancien préfet du Rhône Michel Delpuech, et l’agressivité communicationnelle des forces politiques répondent du regain terrible de la violence, destiné à orchestrer en force l’ultimatum de l’acte XVIII de samedi 16 mars dernier. En pleine stratégie du chaos due à la citadellisation du pouvoir en tempête, la violence exprimée a un rôle bien précis : elle choque, elle heurte, elle effraye. S’arrachant cette matière visuelle incroyable, journalistes, photographes, médias français et internationaux associent inévitablement les GJ aux agressions commises : c’est bien leur révolte qui permet à la violence organisée par les extrêmes de proliférer, à leur discrédit. La guerre du bas offre le spectacle sauvage que les agitateurs ont bien planifié. Chacun se crispe davantage sur ses positions, et les antifas, anarchistes (et même ces revendiqués « islamogauchistes ») sont bien le moteur du désordre.

Par Malik, pour journalpolitique.info

Le PR nous semble donc utiliser tactiquement la déferlante violente associée aux GJ pour rendre complice l’ensemble du mouvement. C’est une stratégie logique, en ce sens que face à la première grande crise systémique depuis les années 1960, le pouvoir se barricade et doit agir très vite. Le PR de retour d’Afrique aurait voulu se reposer, en skiant à la mi-mars non loin des journalistes. Un pied-de-nez champagne, abondamment relayé par les hurleurs des réseaux asociaux gonflant à bloc les manifestants. La violence explose, l’Élysée annonce à 22h que le PR « reviendra à Paris ce soir ». L’ultimatum est passé, le PR a encore une fois du aggraver la crise pour s’en sortir. Le gouvernement et les services ne se sont pas bien entendus, l’adaptation rapide de gestion de l’ordre public est en débat depuis déjà une semaine.

J’avais soutenu l’idée que la crise doit être régulée dans la démocratie. Parmi les forces identifiées à l’extrême-gauche, je souhaite clarifier la cible de ma critique : la jeunesse activiste, antifa, violente, militant pour un plus grand désordre. Je ne m’attaque pas à la pensée anarchiste en tant que telle, mais aux forces qu’on dirait « radicalisées et violentes » et les discours qui les rendent légitimes à toute une gauche libertaire.

Un triple terreau : marxiste, écologiste, libertaire. Fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). JOURNALPOLITIQUE.INFO

De quel segment sociologique s’agit-il ? Les résultats des interpellations depuis l’acte III, l’histoire du mouvement antifascite de la jeunesse, l’analyse des photos de l’acte XVIII ou encore le suivi de communautés en ligne revendiquées cyniquement islamogauchistes me permet de supposer que les forces vives sont des 18-30 ans, hommes et femmes, issues de la classe moyenne née en 1968. Des parents profs ou cadres privés, indépendants avec un peu de patrimoine, une volonté obsessionnelle des enfants de déconstruire leur reflet bourgeois. Souvent plutôt athées, féministes, écologistes, on y trouve des étudiants, des membres du précariat, des hippies voyageurs et mondialistes, des rastafaris et un fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme, à l’Eglise et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). L’esprit classique antifa serait un délire adolescent qui se prolonge par une double anesthésie : rejet du « système » donc abandon de la politique au profit d’un égoïsme heureux, consommation de cannabis et de jeux-vidéos pour distinguer ad vitam aeternam politique et vraie vie.

Créatures de la déculturation, ils font de l’émancipation individuelle la mantra de toute action publique. Lorsque ce résidu de gauche a atteint ses limites de l’analyse du capitalisme, lorsqu’à la réforme du capitalisme pensé comme économie-monde ils ont préféré la destruction de celui-ci et le repli sur leur autogestion, une fraction radicale a érigé tout ordre, dans un esprit de convergence des luttes, comme malsain et indigne de leur glorieuse personne libérée. Si le « burn all flags » reste internationaliste et solidaire de l’humanité, cette fraction que nous dénonçons a pris part à un ensauvagement depuis les années 2010 (voir Black Blocks, ou les récents affrontements à Montpellier, Lille ou Lyon) et en est rendue à rejeter entièrement la République. La résurgence de l’extrême-droite, la « volonté d’en découdre » et la surenchère identitaire fait le reste. Le terreau universitaire de cette doctrine non seulement politise excessivement les jeunes générations, mais plus encore déclenche des effets de meutes agressifs envers toute chose.

La convergence des luttes, illustration pour la manifestation du 8 mars organisée à Lyon 1er.

En effet l’État n’est plus pour ces militants la volonté générale en action ou encore l’instrument de domination de classe qu’il faudrait équilibrer, il est tout simplement l’agrégation de l’ensemble des luttes individuelles des « grands émancipés ». Devenus nihil, ils plient désormais une bonne partie de la gauche à cette doxa sociétale inspirée directement des Etats-Unis, à travers syndicats, universitaires. On pense bien sûr à Raphaël Glucksmann. On constate bien que les républicains de gauche n’a plus d’autre choix que soit renoncer aux principes républicains, soit rejoindre cette république en marche. On perçoit notamment dans les études d’opinions 2017-2019 un mouvement PS->LREM bien sûr, mais aussi PS->LR et PS->RN.

Il est regrettable que tout comme l’arc de Triomphe, tout représentant du patriarcat est voué à l’opprobre. Y compris ce policier courageux, assassiné dans sa mission de protection ces mêmes étudiants nihilistes anti-Etat, dont la stèle n’a pas été épargnée.

La dérision comme remède à leur nihilisme ? On en vient au cœur du problème. Ces groupuscules sont utilisés pour contenir le mouvement de fond, certes, mais le problème démocratique survient lorsque ces groupes et les autres menacent les principes garantis par la Constitution et qu’une propagande individualiste vécue sur le ton de la « blague cool » vient légitimer subrepticement dans les corps d’étudiants en quête de reconnaissance sociale. Voilà une cause à défendre, et facile car c’est une cause réactionnaire (anti-fascisme). Cette propagande vient encourager la guerre du bas, la violence, l’islam politique et l’intolérance etc. Et se défendrait dans un cadre intellectuel marxiste-anarchiste, mais la mise en pratique massifiée et simplifiée de ces agitateurs indolents finit par se retourner contre toute chose.

Source : facebook 18/03

Notons toutefois qu’un utilisateur de la page facebook va plus loin, en demandant à deux reprises pourquoi vouloir casser systématiquement l’abribus :


Alors juste, si on peut m’expliquer les attaques contre les abribus je serais super content en vrai. Autant la pub, les banques, dab, etc. Je m’en contrebalance l’échine avec un steak de soja. Autant je comprends pas pourquoi péter les vitres de l’abribus (et je parle pas de la partie pub, mais genre là où on peut poser le dos.)

Réponse de la page Memes Islamogauchistes : mais n’essayez même pas de le justifier c’est un non sujet les abribus. C’est le fait de S’inquiéter de leur sort le problème

Un dernier essaye d’argumenter : La destruction en soi n’est pas justifiée, et peu importe si c’est un abribus ou autre. Si la pub vous dérange, détournez les yeux. Quand au capitalisme, je ne vois pas pourquoi on devrait l’abolir. Bref les Black Blocks sont des fous furieux qu’il faut interner. Réaction de la communauté :

La réaction

Ce détour par la culture pop islamogauchiste de la convergence des luttes explique bien pourquoi ces activistes alimentent activement la stratégie du chaos utile à Macron, au détriment de tous ceux qui croient en des méthodes civiques, raisonnées et non-totalitaires et s’activent, eux, à rester pacifiques et républicains.

A ce stade qui a une vision fasciste à imposer sous couvert d’ironie ?

Vous souhaitez une tribune de lecteur ? Journalpolitique.info les relaye ici (Dossiers – Lecteurs). Vous pouvez écrire à malik@journalpolitique.info ou envoyer directement un document word 1 à 3 paragraphes. L’équipe reviendra vers vous.

Europe : l’Agence Bancaire Européenne, prise de guerre française dans le Brexit

Europe : l’Agence Bancaire Européenne, prise de guerre française dans le Brexit

La stratégie de la Sorbonne présentée en par 2017 par le président français Emmanuel Macron est celle de l’unification carolingienne du continent afin de constituer un empire normé, souverain et prospère. Le Traité d’Aix-la-Chapelle est venu sceller l’alliance perpétuelle avec l’autre rive du pays de Charlemagne, dans ce même village. Le Brexit, cheval du bataille du PR, est ainsi sévèrement attaqué au sein des institutions (via le lieutenant Michel Barnier chargé des négociations et la position de la France) et dans les discours politiques du PR et de son gouvernement, qui rappellent ce « choix funeste« . En même temps que le début de la bataille des européennes (campagne d’Italie), Paris se félicite prudemment d’une victoire importante dans cette stratégie continentale : consolider Paris comme centre financier de l’empire, grâce au transfert acté de l’Agence bancaire européenne à la Défense.

Une originale pour journalpolitique.info

Le dossier de candidature de Paris, avait été présenté en novembre 2017. Intitulé « L’AUTORITÉ BANCAIRE EUROPÉENNE À PARIS. UN NOUVEAU DÉPART AU CŒUR DE LA 1RE PLACE FINANCIÈRE CONTINENTALE », le programme reposait sur deux atouts : réussir une relocalisation rapide et ordonnée, proposer le meilleur terreau pour une implantation de long-terme. Dans cette formulation d’offre, que vous pouvez télécharger sur le site du ministère de l’Économie (pdf), le PR affirmait ceci : « L’offre de la France pour accueillir l’ABE à Paris constitue la meilleure garantie qu’elle surmonte les défis de cette relocalisation et poursuive ses missions de réglementation bancaire avec le même niveau d’exigence et d’excellence. »

La proposition française a ensuite été choisie par tirage au sort, en lice face à Dublin (Irlande), la CE et le PE ont ensuite validé le transfert en novembre 2018. Cette semaine, l’accord a été signé au Quai d’Orsay et la cérémonie confirme l’installation de l’autorité à la tour Europlaza de la Défense, déménagement prévu le 3 juin prochain. L’Etat et les collectivités ont tout fait pour faciliter l’arrivée de l’agence : les discussions se sont poursuivies en continu depuis 2017, Le Monde rapporte que « l’ouverture d’une école européenne à Courbevoie, près de la Défense, offrant une scolarité en anglais, est également un grand soulagement pour le personnel. » (mars 2019).

« Ce que Paris conseille, l’Europe le médite; ce que Paris commence, l’Europe le continue »

Jo Swyngedouw, président de l’autorité bancaire européenne reprenant Victor Hugo

L’arrivée de l’ABE à Paris est à voir comme une pièce maîtresse pour la régulation et l’harmonisation du secteur bancaire de l’Union, essentielles à la stratégie de la Sorbonne (les synergies avec l’autorité européenne des marchés financiers, déjà localisée à Paris). C’est aussi un effet positif pour « l’attractivité de la France » (Bruno le Maire), pierre angulaire de la doctrine Macron envers les investisseurs internationaux. La secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher illustre cette doctrine lors de la signature : « Merci à l’ABE d’avoir non pas essuyé les plâtres, mais de nous avoir permis de nous entraîner, de nous améliorer dans la gestion d’attractivité de la France« .

Le quartier de « La Défense » (voir origine du nom) a épisodiquement accueilli cette statue de Napoléon Ier – Charles-Emile Seurre (domaine public).

Cette bataille des élections européennes sera passionnante et décisive : affaire à suivre sur journalpolitique.info

A votre service,

Journaliste

Tribune de Macron pour la renaissance européenne : oui à l’Europe dans le monde

Nous remercions Charles, de Meyzieu (69) pour sa réaction à la tribune du PR que nous avons publiée en intégralité, que nous publions volontiers après aller-retour éditorial avec notre équipe, pour faire vivre le débat.

Vous souhaitez une tribune de lecteur ? Vous pouvez écrire à malik@journalpolitique.info

Merci à JP de publier in extenso un discours essentiel, plutôt que de butiner des petites phrases à l’effet délétère.
L’Europe est une question si vaste, si complexe, si fascinante et si chargée de passions (y compris les plus laides, on le voit avec la lamentable affaire du Brexit!) qu’elle ne mérite pas d’être raccourcie dans des dans quelques extraits tronqués repris par toutes les rédactions du buzz.
Une Renaissance de l’Europe ? Oui, absolument. La Renaissance des XIIIème-XVème siècles est notre a été une grande étape civilisationnelle pour ce nous sommes aujourd’hui. Elle ouvrit un monde d’effervescence où les plus belles voix s’exprimèrent, de la peinture de Botticelli aux géniales inventions de Leonardo da Vinci ou de Michel-Angelo, de la réflexion politique de Machiavel à l’humanisme d’Érasme, de la volonté de libération religieuse de Luther à la Divine Comédie, de l’invention des techniques modernes de finances commerciales et publiques à la résurgence des grands philosophes antiques grâce aux penseurs arabes d’Andalousie et aux chrétiens de la Méditerranée, de la médecine à l’agriculture qui permettra de sauver sauf accident des grandes famines. C’est encore l’Europe de la Renaissance qui découvrit son monde.
Aujourd’hui que nous savons combien les civilisations sont mortelles. D’un point de vue générationnel, ayant observé l’histoire je mesure mieux encore combien une renaissance est nécessaire. Que les plus jeunes s’emparent de notre civilisation pour savoir où on veut aller. Nous avons toute raison de vouloir une Renaissance.

Aujourd’hui que nous savons combien les civilisations sont mortelles, Nous avons toute raison de vouloir une Renaissance.


Nous n’avons plus l’illusion de croire à une consommation indéfinie de notre planète: en 2018, nous en sommes arrivés à l’avoir consommée dès le 24 juillet ! Nous devons dépenser des ressources de plus en plus grandes pour ne pas voir sombrer notre « modèle » de consommation, ce qui est aberrant ! L’esprit et la culture européenne survivront à une transformation de notre mode de vie, obligatoire envers la nature.On peut espérer que l’argent-roi n’y survivra pas.Nous pouvons devenir un havre d’harmonie de l’humain et de la nature. Quand le Président de la République invite l’Afrique dans ce grand projet, c’est le signe humaniste que la Renaissance de l’Europe ne se fera pas seule mais en solidarité, dans cette hauteur de vue de sa mission dans le monde. Le débat du colonialisme sera définitivement tourné si nous nous tenons main dans la main avec l’extraordinaire continent qui a donné naissance à l’humanité ! Oui à l’Europe des peuples libres et amis, oui à l’Europe souveraine et sensible au monde, oui à une vision lucide, sincère et humaniste pour pour notre continent et pour l’humanité.

Nouvelles de Meyzieu, Rhône (France).

Malik pour journalpolitique.info



Europe : Macron s’adresse aux 27 et sort l’artillerie, la tribune complète

Europe : Macron s’adresse aux 27 et sort l’artillerie, la tribune complète

Palais de l’Elysée, lundi 4 mars 2019  

Pour une Renaissance européenne

Citoyens d’Europe,   Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent.   Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant,  jamais l’Europe n’a été autant en danger. Le   Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux  besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne  ; ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire. Face à ces manipulations, nous dev ons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe. C’est un succès historique   : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous  proté ger aujourd’hui  : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes  puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions- nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une  force pour toute l’Union ? L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou  la protection des droits sociaux, était possible. Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo  et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe  ? Que fait l’Europe  ? ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils  prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe ; car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès .

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme , la diversité des opinions, de la création.    Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties  qui fournira des experts européens à chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet espri t d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères . Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence , car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.  

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des l imites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité.    Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen  : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile,   avec les mêmes règles d’accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l’asile , des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’un Conseil européen de sécurité intérieure  : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières. Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité   de défense   et de sécurité   devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et  nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume-Uni pour préparer nos décisions collectives.  Nos frontières doivent aussi assurer une  juste concurrence . Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons  pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre  politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques   et nos valeurs essentielles , comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne  comme le font nos concurrents américains ou chinois.  

Retrouver l’esprit de progrès  

L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant -garde : elle a toujours su définir les normes du progrès . Pour cela, elle doit porter un projet de convergence  plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social  lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque  pays et discuté chaque année collectivement. Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons -nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L’Union européenne doit fixer son ambition  –   0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025  –   et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat  pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne  pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante  des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… Cet impératif d oit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement  pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat. Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes  (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l’innovation  en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des Etats-Unis,  pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle . Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique , avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès . Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne.  Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action. Et partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place  une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique , sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens , auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ? Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume- Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place. Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de  progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire.

C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.  

Emmanuel MACRON


Les grands quotidiens ont déjà repris le message (en Italie ou en Allemagne). A la façon de Bonaparte en Italie, on peut dire que Macron sort du bois et que la véritable bataille pour l’Europe commence. Notre analyse à paraître dans quelques jours, restez connectés.

Journalpolitique.info via service de presse de la Présidence de la République