Lyon : Wauquiez s’interpose dans le duel persique

Lyon : Wauquiez s’interpose dans le duel persique

Évidemment l’occasion était trop belle pour Laurent Wauquiez, chef du parti LR. En phase active de campagne, il revient d’apostrophes aiguës face à Marine Le Pen (RN) et Nicolas Dupont-Aignan (DLF) qui suivent le Brexit ou Stanislas Guérini (LREM) et Olivier Faure (PS) qu’il juge inconsistants, lors du débat télévisé du 10 avril dernier. Il se sent un vrai poids politique.

Il s’est montré particulièrement dur envers D. Cormand (EELV). Guérini pense à une nouvelle taxe – photo CNEWS

De retour à Lyon-Confluence, il déclare que le duel persique officialisé par Gérard Collomb met carrément en cause « le territoire« , à cause de la concurrence, ou de la cohabitation, entre la Ville et la Métropole. Il n’avait pas hésité à affirmer son rôle de guide en tant président de Région, notamment pour les politiques sociales. Il emploie une nouvelle métaphore aujourd’hui : « Si la locomotive est à l’arrêt parce que j’ai deux conducteurs qui se tapent dessus, on ne peut pas y arriver ». Les disputes sur le projet d’Anneau des sciences l’ont excédé.

Il ne manque que le « Roi de Perse » au milieu

Ce que LyonMag qualifie d’appel au calme provient pour Lyon Capitale d’une position de « grand frère » dans cette affaire d’enfants. C’est tout simplement une concurrence d’autorité politique, et d’autorité morale : « J’ai du respect et de l’estime pour Gérard Collomb et David Kimelfeld. Il y aura le temps des élections. Mais de grâce, on ne va pas vivre dans un combat de tranchées pendant des mois et des mois« . Les lieutenants LR avaient ces derniers temps voulu signifier la vivacité de la droite grandlyonnaise.

A voir si les combattants perses toléreront cet arbitrage ou préfèreront écourter leur duel.

Journalpolitique.info

Lyon : duel persique en vue. Gérard Collomb ne veut pas partir divisés

Lyon : duel persique en vue. Gérard Collomb ne veut pas partir divisés

L’actuel président de la Métropole s’était déclaré candidat à sa réélection. Il a mis au point les premiers éléments de sa stratégie cette semaine, devant ses troupes réunies à l’Odéon (Lyon 2e). L’actuel maire de Lyon, qui se trouve bien mieux place de la Comédie que place Beauvau, lui a tout simplement proposé de se retirer à son profit, lui laissant en revanche chance libre à l’Hôtel de Ville…

Voici ce que déclarait Gérard Collomb (LyonMag 04/2019) :

Au Point, il avait auparavant livré un entretien remarqué.

Photo du Point, portrait assez conquérant de stature nationale (édition du 4 avril 2018)

Dans cet entretien, le maire de Lyon jugeait :

« Il y a une seconde étape à tracer. Emmanuel Macron doit sortir de façon positive du grand débat, ce qui est complexe, car beaucoup d’idées ont été brassées, et nous sommes dans un contexte de préparation des élections européennes. Surtout, le président a déjà engagé 10 milliards d’euros. Avec le grand débat, Emmanuel Macron a fait une deuxième campagne électorale et il n’est jamais aussi bon que dans ces circonstances. Mais on n’est pas toujours en campagne électorale. Après, il faut faire des choix. Et s’y tenir« .

Gérard Collomb au Point

Il évoque aussi sa situation à Lyon en faisant allusion aux guerres fratricides persiques. Le maire historien pense que le jeune ne peut qu’échouer contre l’ancien. Emmanuel Macron et David Kimelfeld, sont tous deux des « fils spirituels ».

A voir si la droite, assez active dernièrement, pourrait profiter de ces querelles pour progresser. A gauche, on voit aisément les écologistes en position de force, ainsi que le PCF. Qui pour espérer mettre à profit ce duel persique ?

Pour Collomb, c’est simple nous apprend rue89 : il «  prévient, mais cela sonne en fait comme une menace : si les divisions perdurent, la droite a toutes ses chances de remporter les élections locales de 2020. Il le sait bien, lui qui, en 2001, avait bénéficié des fractures du parti adverse, enclin à perdre, à cette époque.  » (04/2019)

A suivre,

Sur journalpolitique.info

Lyon : trois lieutenants LR à l’assaut de la Métropole, nouveau lieu de contestation

Lyon : trois lieutenants LR à l’assaut de la Métropole, nouveau lieu de contestation

Ce jeudi, dans le contexte de la grève des éboueurs grandlyonnais et des négociations entamées entres élus municipaux, services métropolitains et syndicats, Alexandre Vincendet (maire LR de Rillieux-la-Pape) , Philippe Cochet (LR Caluire-et-Cuire) et Claude Cohen (LR Mions) ont apporté des déchets, qu’ils ont disposés en triomphe devant l’Hôtel du Lac, qui abrite la Métropole :

Photo de Susie Waroude.

Grand Lyon la Métropole et son président sont pris à parti symboliquement. L’Hôtel du Lac, édifice administratif, devient progressivement le lieu contestataire, davantage que la place de la Comédie ou l’hôtel de Région.

On se souvient notamment de voir la citadelle métropolitaine prise à parti en 2018 par les manifestants pro-migrants, ou plus récemment encore par le mouvement écologiste :

La manifestation écologique du 16 mars
Action autour de la citadelle « Hôtel du Lac », photo de GreenpeaceLyon

On retiendra de Tribune de Lyon que le maire de Rillieux-la-Pape insiste bien sur la nouveau pouvoir qu’abrite l’Hôtel de Métropole : « L’élu local le plus puissant de France reste bien caché à la Métropole ». Quant au président Kimelfeld, il met l’emphase sur cette configuration à « 59 communes, 1 président » : « Il s’agit de l’action de 3 maires sur 59, qui s’imaginent un grand destin dans cette métropole. J’ai regardé ça avec beaucoup de tristesse.  » (édition du 4 avril). Fréquemment interpellé sur le climat et la pollution, le président briguant l’onction populaire en 2020 avait livré une réponse pour le Grand débat national devant des étudiants. Ce qui n’empêche pas ses adversaires de « venir le chercher ».

De quoi renforcer le lien symbolique du nouveau pouvoir métropolitain ?

A suivre,

Sur journalpolitique.info

Siège du siège du Grand Lyon (photo d’alternatiba rhône)

Grand débat jeunes à Lyon : vif débat sur la démocratie et le climat

Grand débat jeunes à Lyon : vif débat sur la démocratie et le climat

Par Madeleine, observation du grand débat du 6 mars dans l’amphithéâtre Leclerc de l’Institut d’études politiques de Lyon (avenue Berthelot, Lyon 7).

Seconde partie de mon compte-rendu de ma participation au Grand débat national, lors de cette soirée dédiée aux jeunes en présence notamment de D. Kimelfeld (président de la Métropole de Lyon), F. Vidal (Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation) et leurs équipes. Pour lire la première partie (mise en contexte : « un exercice laborieux mais foisonnant »), cliquez ici. Nous abordons ici le fond des discussions, qui ont été riches tout au long des deux heures initialement prévues, sur les deux thèmes choisis par le public : la démocratie et la citoyenneté, puis la transition écologique. Le Grand débat a mis en scène le « nouveau monde » et ses contradictions : une jeunesse vive et impliquée, toutefois menacée par le mépris du principe de réalité.

Image Journalpolitique via Sciences po Lyon

Démocratie et citoyenneté : une jeunesse engagée mais désarmée face à la complexité et l’interdépendance des enjeux

L’engagement de la jeunesse envers un renforcement (ou en tout cas une transformation) de la démocratie semble largement reconnu depuis les analyses du vote à la présidentielle et aux législatives de 2017. L’enjeu dépasse le cadre de l’amphi mais celui-ci s’en est fait une illustration forte (le thème a été choisi par 29% des présents). Après une présentation des services publics et de l’enjeu de leur modernisation, les premières interventions interrogent l’abstention des jeunes pour les élections européennes et les moyens de l’éroder, les violences policières dans les manifestations, la réforme des institutions de la Ve République ou encore les concertations pour l’aménagement urbain. Les jeunes semblent unanimes à louer un engagement actif dans la société et une participation franche à la vie démocratique. Les interventions aux solutions toutes faites sont tempérées par certains plus âgés, qui rappellent que la citoyenneté s’appuie de l’information pluraliste et la conscience de n’avoir pas réponse à tout : « même après cinq ans d’études ça reste compliqué de comprendre le système, il faut persévérer » confesse une étudiante en master sous l’œil approbateur de la ministre, docteure en biologie. Un étudiant plus âgé aussi ajoute qu' »essayer de comprendre le système, s’informer, échanger avec ceux qu’on ne comprend pas, c’est déjà une citoyenneté active« . On voit donc le défi à laquelle fait face la jeunesse : une volonté sincère de participer aux affaires du monde, mais deux choix pour y parvenir : le militantisme clé-en-main (voir premier article) et l’humilité intellectuelle de s’insérer dans un système complexe multi-acteurs, dans lequel des milliers d’individus nous ont précédé : la République. En cela, je me suis dit qu’un portail comme journalpolitique.info avait bien saisi cet écart, en préférant l’argumenté et l’écrit pluraliste aux invectives partisanes. Cela montre aussi que la mission d’informer sans simplismes est exigeante, et que le chemin de la participation aux affaires publiques est quant à lui sinueux.

Démocratie et citoyenneté : le sentiment d’une jeunesse fragmentée socialement

Nous avons souligné la relative homogamie de la salle, brillante par l’absence de jeunes des classes populaires, ce qui est compréhensible au vu de l’autocensure. Néanmoins cela montre aussi un désintérêt des « quartiers relégués » pour les affaires publiques. S’en faisant donc le porte-parole tout à tour, une intervenante déplore que les QPV (quartiers politique de la ville) « ne sont jamais écoutés« , là où un autre, plus offensif et le regard agité, décrit une citoyenneté stratifiée, dont les strates inférieures sont relativement exclues. Il n’hésite pas à asséner à l’adresse de tous : « c’est à vous de leur donner une place« . L’intervenant décrit une classe d’âge qui bien qu’elle accède au bac souffrirait d’un manque patent de reconnaissance. Ceci enclenchera une discussion franche avec la ministre, qui déplore l’influence néfaste de groupes profitant de la relégation des « quartiers » pour retourner les habitants contre la République et repousser l’Etat et les services publics. Elle évoque, la voix vibrante, « ces petites filles qui sautent au cou de leurs maîtresses quand elles les retrouvent enfin. La République doit être là pour empêcher la mainmise sur ces populations, qui souffrent ensuite de la mauvaise réputation du quartier à l’embauche ou dans les études« . Liant ainsi problématiques de sécurité publique et de reconquête républicaine à la possibilité d’offrir une égalité des chances réelle à tous, F. Vidal illustre la doctrine que l’on pourrait appeler Collomb-Philippe : face aux inégalités socio-spatiales et à la relégation des périphéries, la république une et indivisible. Cette discussion montre une jeunesse soucieuse de ses pairs, mais intolérante à la rhétorique fondée sur la sécurité publique et la présence de l’État. D. Kimelfeld, attaqué sur la gestion des mineurs non-accompagnés (MNA), assume une « critique moins ardue du gouvernement, car je le porte aussi » et répond qu’en contexte migratoire massif, « nous sommes débordés, y compris les associations et l’éducation nationale« . Se voulant un acteur « en sérieux et en concertation« , il rappelle que la Métropole de Lyon en fait bien plus pour les MNA que les autres collectivités, et que le budget alloué n’a fait qu’augmenter depuis 2017. Pour le président de la Métropole, s’attaquer à la citoyenneté stratifiée décrite passe par une politique ambitieuse et intégrée : « on ne peut pas traiter climat, migrations, démographie, jeunesse et citoyenneté séparément. Solidarités et climat, il faut marcher sur ses deux jambes« .

« Je sais que vous êtes frustrés, mais ce n’est que le début ! » (D. Kimelfeld à propos de la politique environnementale)

Transition écologique : première préoccupation des jeunes. La pollution de l’air à Lyon et le rôle de chacun au cœur des discussions.

Le second thème de la soirée est celui ayant recueilli le plus de suffrage (36%). A grand renfort de chiffres et d’exemples vécus comme la Vallée de l’Arc, l’ensemble des prises de parole insiste sur l’urgence, la nécessité d’agir vite, le grand bouleversement que cela impose. Beaucoup d’interventions pointent la pollution de l’air à Lyon, dont deux étudiantes (l’une d’outre-mer, l’autre africaine) pour qui ça a été le premier choc en débarquant à Lyon. Un débat divise rapidement la salle : aux intervenants pour qui « il ne faut pas attendre tout des politiques comme des enfants » et pour qui chacun doit faire son examen de conscience et contribuer à son échelle, d’autres répondent que « l’urgence de la situation demande une vraie impulsion du monde politique et c’est ce qu’il nous manque« . D. Kimelfed se pose en synthétiseur : il faut avancer ensemble, les politiques sont à l’écoute (« je ne vis pas dans une bulle« ). Pour lui, l’opposition politiques-citoyens n’a aucun sens : il déclare travailler depuis des mois avec « des associations très investies« , avoir lu le manifeste pour le climat, et proposer un Plan climat-air énergie territoriale (une stratégie partenariale désormais obligatoire depuis 2016 pour les intercommunalités de plus de 20 000 habitants) ambitieux à l’échelle de la Métropole. Celui-ci prévoyait notamment de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 : un objectif assez ambitieux ? (lecteurs lyonnais : blog très détaillé à ce sujet). Quant aux marches pour le climat, DK répond « oui, mais quelles propositions concrètes ?« . Enfin, à l’encontre de la décroissance, il affirme, en bon Saint-Simonien, « militer pour une croissance décarbonnée« . Une croissance non-destructrice à même de concilier les impératifs de développement d’une ville dans l’économie-monde (« l’emploi, la métropole attractive, les entreprises« ) à la nécessaire transition des capitalismes vers la préservation de la Nature ?

Transition écologique : pour la ministre, s’appuyer sur la recherche scientifique et prendre en compte le contexte international

Scientifique de formation et de métier elle-même, F. Vidal admet l’urgence réelle du dossier climat. Elle vise implicitement Donald Trump le climatosceptique et affirme vouloir « porter la recherche avec mon ministère » dans le combat du réchauffement climatique. « Je crois que la recherche trouvera des solutions. Il faut se donner les moyens de penser » tempère-t-elle, affirmant vouloir « laisser les scientifiques débattre » et mobiliser la COP21 pour « engager davantage ses signataires et réengager ceux qui se désengagent« , en référence aux États-Unis d’Amérique. Fustigeant la décroissance et rappelant que les pays en développement devaient aussi pouvoir se développer, elle conclura toutefois la soirée d’échanges par une confidence teintée d’inquiétude : « L’enjeu est grave. Quand on aura basculé on n’aura plus qu’à subir« . De quoi conforter la jeunesse dans son combat phare ?


Remerciements à Sciences Po Lyon et à son directeur R. Payre pour ce débat mouvementé, vitrine des questions posées à la jeunesse à laquelle le politique s’est risqué à répondre.

Pour journalpolitique.info, portail d’information politique


Grand débat jeunes à Lyon : un exercice démocratique laborieux mais foisonnant

Grand débat jeunes à Lyon : un exercice démocratique laborieux mais foisonnant

Par Madeleine, observation du grand débat du 6 mars dans l’amphithéâtre Leclerc de l’Institut d’études politiques de Lyon (avenue Berthelot, Lyon 7).


Pour mon premier reportage sur le portail (je remercie encore l’équipe pour leur confiance), je vous propose deux articles, inspirés par mon observation du GDN à Sciences Po Lyon, en présence de Mme Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et de M. David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, et de leurs équipes respectives, ainsi que de M. Renaud Payre, directeur de l’IEP de Lyon. Mesurer l’état d’esprit de la jeunesse, cet évènement « Grand débat jeunes » montre la discorde frappant cette belle jeunesse de France : tolérante et soudée, fière d’elle, cette génération Erasmus est aussi agitée par des activistes niant la réalité. Or, je suis tombée sur un spectacle déroutant. Ce premier article sert donc de mise en contexte, le second abordera le fond des échanges, stimulants.

Photographie Sciences Po Lyon

Faire vivre le grand débat national, c’est à nos yeux plus que nécessaire : sur tous les fronts, le contexte politique n’a jamais été aussi tendu et « au bord du gouffre ». Il est bien plus urgent de reconstruire la vérité, en « libérant la parole » comme on dit désormais, en se pliant à l’exigence de la démocratie et du respect de soi et d’autrui qui est son fondement, au refus des idées toutes faites.

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