Lyon : un grand débat des européennes prévoit huit candidats et un « maximum de clash »

Lyon : un grand débat des européennes prévoit huit candidats et un « maximum de clash »

Une bonne partie du spectre politique républicain sera représentée lors de ce « Grand débat des européennes » qui se déroulera à Lyon, le 29 avril prochain, 18h, à l’initiative de l’association d’étudiants de l’EM Lyon et trois autres groupes étudiants.

Crédits photo : Débat des européennes du 29 avril

L’occasion pour les huit candidats invités de défendre leur vision du Vieux Continent, quelques semaines seulement avant le scrutin. Soutiennent-ils l’OTAN ? L’accord de Paris ? Erasmus ? L’euro ? Veulent-ils sortir de l’UE ou ajouter de nouveaux traités ? Croient-ils dans les institutions de l’Union ? Voient-ils en Salvini et Orban une menace ou une promesse ? Quelle renaissance européenne défendent-ils ? Pourquoi se présenter devant les jeunes de Lyon ? Autant de réponses à apporter.

Devant un public jeune, rappelant le Grand débat national qui avait eu lieu à Lyon en mars 2019 (notre article), ces candidats traitement les quatre grands thèmes du débat et répondront aux quolibets des étudiants marxistes. Ils devront déjà convaincre les différents amphithéâtres d’aller voter. Notons qu’une tête de liste fait le déplacement (Nicolas Dupont-Aignan pour DLF), que le PS représente Place publique et que l’ancien chroniqueur Bernard Guetta représentera le parti présidentiel pour son entrée en politique. Enfin, deux figures appréciées des jeunes, Adrien Quatennens pour La France insoumise et Nicolas Bay pour le Rassemblement national, risquent de se partager les honneurs.

Les 4 associations d’étudiants organisant l’évènement s’attendent surtout à ce que les affrontements soient vifs : « 8 couleurs politiques, 4 thèmes puis des questions du public, 2h30 de débat pour un maximum de clash dans ce Grand Débat des Européennes – Lyon  » peut-on lire.

Programme :

17h15 :Ouverture de la salle – 18h00 : Débat sur les 4 thèmes principaux –19h30 :Questions du public –20h30 : Clôture du débat

Les équipes de journalpolitique.info seront bien présentes.

Rendez-vous sur le campus de Lyon 3 (Manufacture des Tabacs, 6 cours Albert Thomas, 69003 Lyon).

Affiche du débat

Détails sur le site dédié.

Madeleine,

Pour journalpolitique.info


Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Les dysfonctionnements administratifs qui ont conduit au limogeage du Préfet de Paris et ancien préfet du Rhône Michel Delpuech, et l’agressivité communicationnelle des forces politiques répondent du regain terrible de la violence, destiné à orchestrer en force l’ultimatum de l’acte XVIII de samedi 16 mars dernier. En pleine stratégie du chaos due à la citadellisation du pouvoir en tempête, la violence exprimée a un rôle bien précis : elle choque, elle heurte, elle effraye. S’arrachant cette matière visuelle incroyable, journalistes, photographes, médias français et internationaux associent inévitablement les GJ aux agressions commises : c’est bien leur révolte qui permet à la violence organisée par les extrêmes de proliférer, à leur discrédit. La guerre du bas offre le spectacle sauvage que les agitateurs ont bien planifié. Chacun se crispe davantage sur ses positions, et les antifas, anarchistes (et même ces revendiqués « islamogauchistes ») sont bien le moteur du désordre.

Par Malik, pour journalpolitique.info

Le PR nous semble donc utiliser tactiquement la déferlante violente associée aux GJ pour rendre complice l’ensemble du mouvement. C’est une stratégie logique, en ce sens que face à la première grande crise systémique depuis les années 1960, le pouvoir se barricade et doit agir très vite. Le PR de retour d’Afrique aurait voulu se reposer, en skiant à la mi-mars non loin des journalistes. Un pied-de-nez champagne, abondamment relayé par les hurleurs des réseaux asociaux gonflant à bloc les manifestants. La violence explose, l’Élysée annonce à 22h que le PR « reviendra à Paris ce soir ». L’ultimatum est passé, le PR a encore une fois du aggraver la crise pour s’en sortir. Le gouvernement et les services ne se sont pas bien entendus, l’adaptation rapide de gestion de l’ordre public est en débat depuis déjà une semaine.

J’avais soutenu l’idée que la crise doit être régulée dans la démocratie. Parmi les forces identifiées à l’extrême-gauche, je souhaite clarifier la cible de ma critique : la jeunesse activiste, antifa, violente, militant pour un plus grand désordre. Je ne m’attaque pas à la pensée anarchiste en tant que telle, mais aux forces qu’on dirait « radicalisées et violentes » et les discours qui les rendent légitimes à toute une gauche libertaire.

Un triple terreau : marxiste, écologiste, libertaire. Fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). JOURNALPOLITIQUE.INFO

De quel segment sociologique s’agit-il ? Les résultats des interpellations depuis l’acte III, l’histoire du mouvement antifascite de la jeunesse, l’analyse des photos de l’acte XVIII ou encore le suivi de communautés en ligne revendiquées cyniquement islamogauchistes me permet de supposer que les forces vives sont des 18-30 ans, hommes et femmes, issues de la classe moyenne née en 1968. Des parents profs ou cadres privés, indépendants avec un peu de patrimoine, une volonté obsessionnelle des enfants de déconstruire leur reflet bourgeois. Souvent plutôt athées, féministes, écologistes, on y trouve des étudiants, des membres du précariat, des hippies voyageurs et mondialistes, des rastafaris et un fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme, à l’Eglise et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). L’esprit classique antifa serait un délire adolescent qui se prolonge par une double anesthésie : rejet du « système » donc abandon de la politique au profit d’un égoïsme heureux, consommation de cannabis et de jeux-vidéos pour distinguer ad vitam aeternam politique et vraie vie.

Créatures de la déculturation, ils font de l’émancipation individuelle la mantra de toute action publique. Lorsque ce résidu de gauche a atteint ses limites de l’analyse du capitalisme, lorsqu’à la réforme du capitalisme pensé comme économie-monde ils ont préféré la destruction de celui-ci et le repli sur leur autogestion, une fraction radicale a érigé tout ordre, dans un esprit de convergence des luttes, comme malsain et indigne de leur glorieuse personne libérée. Si le « burn all flags » reste internationaliste et solidaire de l’humanité, cette fraction que nous dénonçons a pris part à un ensauvagement depuis les années 2010 (voir Black Blocks, ou les récents affrontements à Montpellier, Lille ou Lyon) et en est rendue à rejeter entièrement la République. La résurgence de l’extrême-droite, la « volonté d’en découdre » et la surenchère identitaire fait le reste. Le terreau universitaire de cette doctrine non seulement politise excessivement les jeunes générations, mais plus encore déclenche des effets de meutes agressifs envers toute chose.

La convergence des luttes, illustration pour la manifestation du 8 mars organisée à Lyon 1er.

En effet l’État n’est plus pour ces militants la volonté générale en action ou encore l’instrument de domination de classe qu’il faudrait équilibrer, il est tout simplement l’agrégation de l’ensemble des luttes individuelles des « grands émancipés ». Devenus nihil, ils plient désormais une bonne partie de la gauche à cette doxa sociétale inspirée directement des Etats-Unis, à travers syndicats, universitaires. On pense bien sûr à Raphaël Glucksmann. On constate bien que les républicains de gauche n’a plus d’autre choix que soit renoncer aux principes républicains, soit rejoindre cette république en marche. On perçoit notamment dans les études d’opinions 2017-2019 un mouvement PS->LREM bien sûr, mais aussi PS->LR et PS->RN.

Il est regrettable que tout comme l’arc de Triomphe, tout représentant du patriarcat est voué à l’opprobre. Y compris ce policier courageux, assassiné dans sa mission de protection ces mêmes étudiants nihilistes anti-Etat, dont la stèle n’a pas été épargnée.

La dérision comme remède à leur nihilisme ? On en vient au cœur du problème. Ces groupuscules sont utilisés pour contenir le mouvement de fond, certes, mais le problème démocratique survient lorsque ces groupes et les autres menacent les principes garantis par la Constitution et qu’une propagande individualiste vécue sur le ton de la « blague cool » vient légitimer subrepticement dans les corps d’étudiants en quête de reconnaissance sociale. Voilà une cause à défendre, et facile car c’est une cause réactionnaire (anti-fascisme). Cette propagande vient encourager la guerre du bas, la violence, l’islam politique et l’intolérance etc. Et se défendrait dans un cadre intellectuel marxiste-anarchiste, mais la mise en pratique massifiée et simplifiée de ces agitateurs indolents finit par se retourner contre toute chose.

Source : facebook 18/03

Notons toutefois qu’un utilisateur de la page facebook va plus loin, en demandant à deux reprises pourquoi vouloir casser systématiquement l’abribus :


Alors juste, si on peut m’expliquer les attaques contre les abribus je serais super content en vrai. Autant la pub, les banques, dab, etc. Je m’en contrebalance l’échine avec un steak de soja. Autant je comprends pas pourquoi péter les vitres de l’abribus (et je parle pas de la partie pub, mais genre là où on peut poser le dos.)

Réponse de la page Memes Islamogauchistes : mais n’essayez même pas de le justifier c’est un non sujet les abribus. C’est le fait de S’inquiéter de leur sort le problème

Un dernier essaye d’argumenter : La destruction en soi n’est pas justifiée, et peu importe si c’est un abribus ou autre. Si la pub vous dérange, détournez les yeux. Quand au capitalisme, je ne vois pas pourquoi on devrait l’abolir. Bref les Black Blocks sont des fous furieux qu’il faut interner. Réaction de la communauté :

La réaction

Ce détour par la culture pop islamogauchiste de la convergence des luttes explique bien pourquoi ces activistes alimentent activement la stratégie du chaos utile à Macron, au détriment de tous ceux qui croient en des méthodes civiques, raisonnées et non-totalitaires et s’activent, eux, à rester pacifiques et républicains.

A ce stade qui a une vision fasciste à imposer sous couvert d’ironie ?

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Grand débat jeunes à Lyon : un exercice démocratique laborieux mais foisonnant

Grand débat jeunes à Lyon : un exercice démocratique laborieux mais foisonnant

Par Madeleine, observation du grand débat du 6 mars dans l’amphithéâtre Leclerc de l’Institut d’études politiques de Lyon (avenue Berthelot, Lyon 7).


Pour mon premier reportage sur le portail (je remercie encore l’équipe pour leur confiance), je vous propose deux articles, inspirés par mon observation du GDN à Sciences Po Lyon, en présence de Mme Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et de M. David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, et de leurs équipes respectives, ainsi que de M. Renaud Payre, directeur de l’IEP de Lyon. Mesurer l’état d’esprit de la jeunesse, cet évènement « Grand débat jeunes » montre la discorde frappant cette belle jeunesse de France : tolérante et soudée, fière d’elle, cette génération Erasmus est aussi agitée par des activistes niant la réalité. Or, je suis tombée sur un spectacle déroutant. Ce premier article sert donc de mise en contexte, le second abordera le fond des échanges, stimulants.

Photographie Sciences Po Lyon

Faire vivre le grand débat national, c’est à nos yeux plus que nécessaire : sur tous les fronts, le contexte politique n’a jamais été aussi tendu et « au bord du gouffre ». Il est bien plus urgent de reconstruire la vérité, en « libérant la parole » comme on dit désormais, en se pliant à l’exigence de la démocratie et du respect de soi et d’autrui qui est son fondement, au refus des idées toutes faites.

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Grenoble : ne pas alimenter la guerre population-police

Grenoble : ne pas alimenter la guerre population-police

La relation entre la police, première incarnation de ce que Foucault appelle l’Etat de police comme extension de la raison d’état et du droit (1) et la population, objet-cible du droit, est extrêmement tendu. Tout observateur de Notre-Dame-des-Landes, de l’affaire Théo, de l’actualité de la délinquance et de la criminalité, du mouvement des Gilets jaunes et la sémantique de l’éborgnement dans le pays des Lumières déjà largement attaqué par les ombres : tout observateur conviendra qu’il y a un vrai problème.

Plutôt la plume que le tweet.

L’article de Serge Pueyo dans le Parisien de ce soir donne bien le contexte sur les évènements de Grenoble (Isère, Aura), que son maire Eric Piolle (EELV) déclare en impuissance sécuritaire face aux trafics. Nous nous en tenons bien évidemment à la justice et exprimons notre tristesse du tragique de cette affaire.

Nous proposons trois remarques générales à votre jugement :

1 Le journaliste a insisté là-dessus : l’ensemble de la population en fait les frais (« On a l’impression que quoi qu’on fasse, nos efforts sont voués à l’échec. Que la destinée des jeunes du quartier, c’est de finir peut-être comme Adam et Fatih. »). Ces individus sont privés de destin social à cause de leur imbrication volontaire ou non à la délinquance greffées aux mauvaises conditions matérielles d’existence, imbrication qui rapporte (pour ceux qui pratiquent) ou règne (pour ceux qui subissent).

2 La police chassée, poussée à bout, dans des conditions de plus en plus difficile pour accomplir sa mission de service public, ne peut que s’exposer à des interpellations qui tournent mal et durcir ses méthodes. Une police qui ne peut plus exercer l’état de police se déforme.

3 L’ensemble du pays pâtit d’une mauvaise relation entre ces trois fondements de l’Etat moderne pour Foucault : la population, le territoire et la sécurité. Cette mise en guerre structurelle est réelle et inquiétante pour tous, et en premier lieu pour ceux directement concernés au quotidien.

Et qui y gagne, citoyens ? Dites-le nous ! Est-ce le trafic, le marché noir, le séparatisme de l’état de droit, la mainmise locale sur une population qui se dit emprisonnée, la guérilla, la relégation des habitants ? Propos du même Parisien : « « S’il faut brûler et casser pour qu’Adam, Fatih et leurs familles obtiennent justice, on continuera », clame un jeune du quartier. Sur les réseaux sociaux, les appels à la révolte contre la police se multiplient.  »


Toute névralgie autour du duel police-population ne fait malheureusement que le bénéfice des va-t-en guerre, de ceux qui professent la division ; et de la « seconde zone ».

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Continuer à observer avec tristesse s’entredéchirer les fondements de la société, et participer au feu ? Jamais. A ce stade de grands bouleversements, il apparaît nécessaire d’être rationnel et loyal envers tous : largement enclencher une reconquête républicaine franche contre le marché noir sur le dispositif Collomb-Philippe, soutenue massivement par les pouvoirs publics dont le maire qui semble beaucoup attendre de l’État, les associations et la population, (l’opinion étant quant à elle déjà largement acquise), quitte à déployer de nouveaux dispositifs pour contrer les flux (légalisation partielle du cannabis comme c’est proposé à Villeurbanne (69) qui connaît le même problème) en parallèle de dispositifs d’insertion de la jeunesse bien plus simples et nombreux et de poursuite des efforts éducatifs, d’emploi. Est-ce les astres déjà prévus pour la fin du GDN ?

D’ici-là, toute névralgie autour du duel police-population ne fera malheureusement que le bénéfice des va-t-en guerre et de ce que le sociologue qui a travaillé à Grigny, Fabien Truong, appelle la « seconde zone », espace social qui « fabrique le guerrier » (2). A lire le Parisien, on penserait que les groupes radicaux profitent du mouvement pour repousser durablement l’État…

Le contexte est tendu. Une marche est organisée demain. Espérons que chacun ait à l’esprit l’intérêt de tous plutôt que d’attiser l’affrontement.

A votre service,

Journalpolitique.info


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(1) FOUCAULT, Michel, Sécurité, territoire, population : cours au Collège de France 1977-78, Paris, Seuil.

(2) TRUONG, Fabien, Loyautés radicales. L’islam et les mauvais garçons de la nation, Paris, La Découverte, 2017.