La France : quelle case sur le Grand échiquier de Brzezinski ?

La France : quelle case sur le Grand échiquier de Brzezinski ?

En pleine stratégie carolingienne (lire ici et ici) , avec l’imminence des élections européennes du 26 mai prochain, journalpolitique.info relaye cette analyse de la position de la France, détaillée dans Le grand échiquier de l’analyste américain Zbigniew Brzezinski.

Quant à la France, « puissance moyenne post-impériale », elle n’a pas les moyens de ses prétentions. Son rêve de grandeur pour une Europe sous conduite française correspondrait pour elle, nous dit l’auteur, à la « grandeur de la France ». Cependant, elle pourrait avoir des velléités pour traiter directement avec la Russie, et ainsi s’affranchir relativement des Etats-Unis ; nous voyons poindre là une légère inquiétude vis à vis de la France. Pour autant, la France est tout de même « un partenaire indispensable pour arrimer définitivement l’Allemagne à l’Europe ». N’étant pas assez forte pour faire obstacle aux objectifs géostratégiques américains en Europe, « la France avec ses particularismes et ses emportements peut être tolérée ». Quant au couple franco-allemand est primordial pour les intérêts américains ; une remise en cause de cette unité « marquerait un retour en arrière de l’Europe », et serait « une catastrophe pour la position américaine sur le continent ». Il est clair également que les Etats-Unis se servent de l’Allemagne (dominant économiquement en Europe) pour canaliser et « tenir » la France.

Le compte-rendu complet de ce traité du grand analyste de la Maison-Blanche est à lire sur le site les-crises.fr.

En tout cas il montre bien sa clairvoyance, et pour nous la nécessité de ne pas laisser l’emprise américaine nous dépourvoir d’influence à Bruxelles, déjà sous la coupe de lobbies anglo-saxons, et à Berlin, qui est désormais en situation de réaction à l’initiative française.

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Élections européennes et stratégie carolingienne : relire le traité d’Aix-la-Chapelle

Élections européennes et stratégie carolingienne : relire le traité d’Aix-la-Chapelle

Le traité d’Aix-la-Chapelle, conclu entre la République Française et la République Fédérale d’Allemagne le 22 janvier 2019 fait suite directe au traité de l’Élysée de 1963. Ce traité bilatéral volontariste et très symbolique jette les bases de la stratégie carolingienne d’Emmanuel Macron (que nous avons commencé à définir ici). Sa signature a suscité un vif débat sur le centre de gravité de l’Europe et ce que devrait être l’intégration européenne, si bien que Journalpolitique.info republie le traité.

Détail de la chapelle (wikicommons)

Le texte officiel est à télécharger directement sur notre site, en pdf :

Dans sa vision de la domination mondiale des Etats-Unis livrée en 1997 dans le classique Grand échiquier, l’analyste Zbigniew Brzezinski écrvait que « la France et l’Allemagne sont deux acteurs géostratégiques clés qui, sous leur vision de l’Europe unie, leur projet ambitieux, s’efforcent de modifier le statu quo. Les deux nations font naturellement l’objet d’une attention toute particulière des Etats-Unis ». La distinction entre l’Europe, espace-berceau de la « civilisation européenne« , et l’Occident, matrice culturelle et économique globale plus large, montre bien les logiques concurrentes entre les alliés atlantiques : l’axe Paris-Berlin indépendant que souhaitait de Gaulle (que le Bundestag n’avait pas suivi) serait-il à même de compenser la tentation à l’isolationnisme des américains par une véritable souveraineté européenne ?

La tribune de Macron dans les pays de l’Union a voulu démarrer un débat dans l’espace européen (« modifier le statu quo » ?). Mettant fin à la rhétorique antinationaliste périlleuse du discours 11 novembre 2018, la position du président français va vers quelque chose comme un Saint-Empire protecteur et aux frontières sûres, au pilotage franco-allemand élargi. La réponse allemande, bien que critique (« Bien faire l’Europe » demande la nouvelle responsable de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer), n’en demeure pas moins une réponse, validant la légitimité des questions posées par le PR. De là à penser, comme A. Duhamel, que la stratégie continentale montre enfin que l’initiative dans les affaires du continent est française ?

Le traité permet au moins de se faire une idée concrètes des liens franco-allemands dans la perspective continentale depuis le Brexit. Commentaires et réactions des lectrices et lecteurs sont les bienvenus !

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