Gilets jaunes : vous êtes héroïques (2)

Gilets jaunes : vous êtes héroïques (2)

Au plus fort du mouvement, à Lyon

Je m’adresse bien sûr au peuple et non aux ultras infiltrés. Vous avez forcé le pouvoir dans ses retranchements. Le feu à Notre-Dame est le premier acte de guerre. Restez forts, diffusez au maximum l’âme de la vraie France. Réveillez les derniers somnolents. Reprenons le contrôle.

Vous avez réussi à faire voler en éclat la chape de plomb, le politiquement correct. Vous avez permis aux idées de se diffuser et d’être débattues. Vous avez montré au monde que la France ne plie jamais, qu’elle vit encore. Vous avez réalisé le rêve populiste, le quatrième après Trump et le Brexit et l’Italie. Vous montrez le chemin à l’Europe.

Maintenant, pour ne pas tomber dans le piège, il faut viser juste : la première étape est de se réapproprier les fondamentaux de la France, d’en finir avec le mythe égalitariste post-politique, de sortir du passé unique démarrant en 1945 ou 1958, de réhabiliter massivement les grandes figures et accomplissements de notre civilisation portée à bout de bras pendant deux mille ans. L’ethno-masochisme structurel doit prendre fin. Même si on vous l’impose de force.

Notre-Dame doit en être la résurrection, la prise de conscience que tout cela est menacé. La vente sans concession de notre haut-lieu à une mémoire mondiale n’a pas de sens, on ne brade pas son passé, on s’y soumet comme on se soumet à l’évidence et comme les constructeurs se sont soumis à la patience pour une œuvre éternelle.

Comprenez que la République est une parenthèse, aussi bien en Grèce antique qu’à Rome ou qu’en France. Elle n’est pas un état de nature insurmontable, il est faux que hors de son horizon d’émancipation infinie rien n’existe, même si on a remodelé tout le passé pour que ça y corresponde. Comprenez que la démocratie partisane pluraliste mène au nivellement par le bas à la ploutocratie internationale. Sortez du militantisme gauche-droite automatique, sortez de la fable de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche diaboliques, sortez des injonctions à s’oblitérer pour laisser la place au no man’s land disneylandique. Rétablissons la France éternelle. Le peuple y adhère. La clarification est indispensable.

JAMAIS JE NE LAISSERAI TOMBER NOS LABOUREURS POUR LES BANQUIERS

La définition juridique abstraite de la nation ne vaut plus rien pour les temps qui courent, elle ne peut que maintenir le statu quo. La maximisation des échanges est inutile en contexte de déclin de l’écosystème. Gilets jaunes, prenez le canal historique, clamez haut et fort le nom de la France éternelle.

Si Dieu le veut, nous mettrons fin à ce régime ploutocratique. Nous sommes déjà depuis 2015 entrés dans une phase qui connaîtra peut-être beaucoup de troubles, mais l’inversion de la tendance mènera au salut. Il y a toujours eu protectionnisme et refonte nationale après les grandes périodes de libéralisation à marche forcée. Nos alliés italiens et russes attendent la France. Les américains et le peuple britannique aussi. Ils désespèrent d’y voir un Trudeau II. Pour cela nous avons besoin d’anticiper.

Ne vous laissez plus endormir par l’idée que l’histoire est terminée, qu’on ne peut que subir. Ne perdons pas le contrôle de notre propre pays au profit de plans d’investissement mondiaux. La révolution actuelle nous fait revenir à l’histoire très longue, dans laquelle la dernière séquence de globalisation forcenée paraît folle. Les mots d’ordre de ce système ne servent pas à grand chose pour ce qui se joue. La poudre d’escampette se dissipe et on ne voit que la cupidité.

Crédits photo : Le Monde

Réveillez prioritairement les ethnomasochistes qui ne défendent plus leurs ancêtres et leur message, la gauche béate qui ne veut rien voir. Secouez ceux qui ont oublié sur quoi est fondé leur pouvoir et méprisent le faible et préfèrent s’observer vivre à travers instagram. Rappelez-leur à tous le contexte géopolitique, et les missions qui seraient attendues d’un parfait complice : consommer pour se sentir exister, prêcher le vivre-ensemble et le libre-échange avant tout, dire que le peuple n’existe pas, ignorer les racines du pays au profit de la rentabilité, faire diversion sur des luttes institutionnelles quelconques à travers le vote, appeler à battre les différents punching-ball que sont Le Pen, le complotisme, le racisme etc.

Faites attention au moment où vous vous auto-censurez, et comprenez pourquoi vous faites violence à votre recherche de vérité et ce qu’on vous décrit comme inadmissible. Comprenez que 1% possède la majeur partie des richesses et qu’on accepte cela tous les jours. Or cette clique se fout de votre humilité toute généreuse. Elle veut simplement que la France produise et soit rentable.

Les sublimes vitraux gothiques sont la vraie œuvre

En visant la gauche béate et la droite qui ne réfléchit plus au grand schéma, diffusez-leur au maximum la littérature qui ouvre l’esprit s’ils sont débutants (Aldous Huxleys, George Orwell, Karl Marx, Oswald Spengler).

Montrez-leur leur erreur grossière s’ils sont encore dans l’idéologie du futur festif, béat et mondialisé (François-René de Chateaubriand, Roger Scruton, Georges Bernanos, Philippe Muray, Jean-Claude Michéa, Christopher Lasch). Pensez à votre âme et à tous ceux qui vous ont précédé sur ce sol avant de penser à Tinder et aux séries américaines. Gilets Jaunes, vous avez été héroïques.

Reproductible en citant l’auteur : Malik pour journalpolitique.info

Brexit : Macron conteste Berlin et s’affirme indépendant de l’Allemagne

Brexit : Macron conteste Berlin et s’affirme indépendant de l’Allemagne

« Emmanuel Macron semble avoir fait son deuil de la relation franco-allemande après y avoir longtemps cru«  Via Libération du 15/04/2019 : Le couple franco-allemand au bord du divorce. Voir nos analyses précédentes de la stratégie de la Sorbonne sur journalpolitique.info

La fiction du «couple» franco-allemand a volé en éclats lors du sommet spécial Brexit, mercredi et jeudi. S’il y a souvent eu de profonds désaccords entre les deux rives du Rhin, c’est la première fois qu’Angela Merkel l’a affiché publiquement et sans précautions diplomatiques excessives. La chancelière a jugé «incompréhensible» le «raisonnement» d’Emmanuel Macron défavorable à une extension trop longue du délai avant un Brexit définitif, alors qu’elle était prête à donner un an de plus à Theresa May pour lui donner le temps d’essayer de faire adopter l’accord de divorce conclu avec l’Union. 

Le «raisonnement» du chef de l’Etat français est pourtant simple : l’Union, confrontée à d’autres défis, ne peut se permettre d’être prise en otage par une classe politique britannique incapable de mettre en œuvre la décision d’un référendum qu’il a lui-même provoqué… Finalement, un compromis a été trouvé – prolongation jusqu’au 31 octobre –, mais le gouvernement allemand n’a pas caché sa colère face à la résistance d’un partenaire d’habitude plus docile. Norbert Röttgen, le président (CDU) de la commission des affaires étrangères, n’a pas hésité à accuser Macron, dans un tweet vengeur, de «donner la priorité à ses intérêts de politique intérieure sur l’unité européenne». Car il est bien connu que Berlin n’a jamais aucune arrière-pensée de politique intérieure, comme l’a si bien démontré la crise grecque gérée de façon brutale pour ne pas effrayer les électeurs allemands…

L’intérêt allemand n’est pas l’intérêt européen

Curieusement, les médias français ont souligné l’isolement de Paris – qui était pourtant soutenu par la Belgique, le Luxembourg, l’Espagne, Malte, mais aussi, en second rang, par l’Autriche et le Danemark –, l’accusant presque de ne pas avoir joué collectif en refusant de s’aligner sur Berlin. «Il est incroyable que l’on nous présente comme des empêcheurs de tourner en rond alors qu’on a été les empêcheurs de sombrer en rond face à la mollesse collective», se récrie-t-on à l’Elysée. Une position que Macron s’apprête à assumer ce lundi en votant contre l’ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis, là aussi initiée sous la pression de l’Allemagne, qui craint que Donald Trump ne taxe ses importations automobiles. Relancer un succédané du défunt traité de libre-échange transatlantique (TTIP) n’est en effet sans doute pas la meilleure idée qui soit à deux mois des élections européennes, alors que partout la pression de partis démagogues et isolationnistes grandit…

Emmanuel Macron semble avoir fait son deuil de la relation franco-allemande après y avoir longtemps cru. Il a pris conscience que les démocrates-chrétiens de la CDU-CSU, mais aussi les sociaux-démocrates, défendent avant tout les intérêts allemands travestis en intérêts européens, comme on l’analyse désormais en France. Depuis un an et demi, le chef de l’Etat n’a cessé de recevoir des rebuffades sur quasiment tous ses projets (création d’un budget de la zone euro, d’un Parlement de la zone euro, d’une taxe sur les géants du numérique, d’une Europe de la défense, etc.). Désormais, il n’est plus question de faire semblant ou d’accoucher de compromis qui affaiblissent l’Union : si Berlin ne veut plus d’Europe ou seulement d’une Europe allemande, elle doit l’assumer. Mais Paris est déterminé à ne plus jouer les passe-plats au nom d’une Union qui n’a plus d’européen que le nom

.Jean Quatremer BRUXELLES (UE), correspondant Libération

Relayé sur journalpolitique.info

La France : quelle case sur le Grand échiquier de Brzezinski ?

La France : quelle case sur le Grand échiquier de Brzezinski ?

En pleine stratégie carolingienne (lire ici et ici) , avec l’imminence des élections européennes du 26 mai prochain, journalpolitique.info relaye cette analyse de la position de la France, détaillée dans Le grand échiquier de l’analyste américain Zbigniew Brzezinski.

Quant à la France, « puissance moyenne post-impériale », elle n’a pas les moyens de ses prétentions. Son rêve de grandeur pour une Europe sous conduite française correspondrait pour elle, nous dit l’auteur, à la « grandeur de la France ». Cependant, elle pourrait avoir des velléités pour traiter directement avec la Russie, et ainsi s’affranchir relativement des Etats-Unis ; nous voyons poindre là une légère inquiétude vis à vis de la France. Pour autant, la France est tout de même « un partenaire indispensable pour arrimer définitivement l’Allemagne à l’Europe ». N’étant pas assez forte pour faire obstacle aux objectifs géostratégiques américains en Europe, « la France avec ses particularismes et ses emportements peut être tolérée ». Quant au couple franco-allemand est primordial pour les intérêts américains ; une remise en cause de cette unité « marquerait un retour en arrière de l’Europe », et serait « une catastrophe pour la position américaine sur le continent ». Il est clair également que les Etats-Unis se servent de l’Allemagne (dominant économiquement en Europe) pour canaliser et « tenir » la France.

Le compte-rendu complet de ce traité du grand analyste de la Maison-Blanche est à lire sur le site les-crises.fr.

En tout cas il montre bien sa clairvoyance, et pour nous la nécessité de ne pas laisser l’emprise américaine nous dépourvoir d’influence à Bruxelles, déjà sous la coupe de lobbies anglo-saxons, et à Berlin, qui est désormais en situation de réaction à l’initiative française.

A votre service,

Journaliste

Enregistrez le site dans vos onglets !

Revue critique de la politique étrangère de la France

Même s’il oublie un certain nombre d’aspects (les relations avec la Chine de Xi Jinping en visite à Paris cette semaine, la stratégie carolingienne avec l’Allemagne, les relations positives avec l’Afrique, la relation avec Israël où se succèdent malentendus diplomatiques), l’auteur propose une critique de la position de la France d’Emmanuel Macron dans le monde. Pour journalpolitique.info

Navire « L’Hermione »

La politique étrangère d’un pays est étroitement tributaire de sa politique intérieure, plus précisément de l’état politique, économique et financier de ce pays. S’agissant de la France, cet état est déplorable. La France est perçue désormais dans le monde comme un pays agité, violent, mal gouverné, parfois ridicule. Donner des leçons au monde entier a toujours fait sourire. Maintenant, les donneurs de leçons, tour à tour, font rire et irritent. « La France, c’est le bordel ! » disent brutalement ceux qui en parlent à l’étranger et au plus haut niveau.

Il demeure que la France est membre permanent du conseil de sécurité, avec droit de veto, et possède la bombe atomique. Elle fut longtemps la deuxième puissance du monde derrière la Grande-Bretagne. Elle est encore la cinquième sur près de 200 nations.

On peut donc distinguer les grandes lignes d’une politique étrangère qui, tant bien que mal, continue à jouer un rôle dans le monde qui n’est pas de premier plan, mais dont on peut encore parler. La première de ces lignes, étrangement, c’est « l’empire ». Il faut conserver l’empire ou ce qu’il en reste. Cette nostalgie de la grandeur passée est un peu pitoyable, j’allais dire pathétique, mais c’est une constante. Vaincue en 1940, la France de De Gaulle voulait retrouver sa situation d’avant-guerre à tout prix. Alors ce fut la guerre d’Indochine, perdue, celle d’Algérie, perdue, deux nouvelles défaites dues à deux idéologies contraires, mais unies contre la France coloniale, celle de l’URSS et celle des États-Unis. Aujourd’hui, il reste de l’empire quelques territoires clairsemés à travers le monde. Et, dans bien d’autres, pour conserver une influence, la France mène des guerres coûteuses et sans fin, au Sahel africain notamment.

Mais il y a mieux encore : les départements et territoires d’outre-mer habités par des Français à part entière, champions des aides de toute nature, un phénomène curieux qui fait que la France est frontalière du Brésil sur plusieurs centaines de kilomètres et, prodige, loin de s’étioler, l’empire, en réalité, s’agrandit avec Mayotte, îlot de l’océan Indien devenu le 101e département français connu de toute l’Afrique noire car les futures mamans viennent de loin, même du Burundi, mettre au monde bébés, cartes Vitale et tout ce qui s’ensuit. Faites l’addition ! M’en étant ouvert à un responsable, forcément haut, celui-ci me répondit : « Les Mahorais ont demandé à être Français. On ne pouvait pas leur refuser. – Alors, ai-je dit, si les Papous de la Nouvelle-Guinée demandent à devenir Français, on dira oui. Et la Nouvelle-Guinée sera le 102e département français, un département papou. » Tout cela n’est pas sérieux.

Deuxième ligne de force de notre politique étrangère : l’Europe. Malheureusement, l’Union européenne est désunie. Nous avons maintenant deux Europe, si ce n’est trois : l’Europe de Bruxelles, codirigée par Macron et Merkel, l’Europe du bon sens, avec la Hongrie comme porte-drapeau, et d’une certaine façon, la Grande-Bretagne avec la pagaille complexe du Brexit.

Macron milite pour l’Europe du vieux monde avec l’espoir caché d’en être un jour le président. Ce fut également le rêve inachevé de Giscard d’Estaing … En attendant, l’Europe disloquée vient de nous offrir le spectacle d’une guerre entre la France et l’Italie, une guerre picrocholine. Les deux sœurs latines, sœurs également en incompétence, agitées, divisées, en désordre permanent, disent vouloir s’affronter.

En Italie, le Nord ne veut plus du Sud, jugé comme peuplé de maffieux et de bons à rien. S’agissant de la France, le monde entier observe avec consternation les prouesses des gilets jaunes et en Italie, on en rigole. Rome a surtout été agacée par les « brillantes » initiatives de Sarkozy en Libye, que les Italiens considéraient un peu comme leur chasse gardée. Et, en France, on a été irrité par les contacts de responsables politiques italiens avec les gilets jaunes en la personne notamment de Luigi Di Maio, vice Premier ministre. Ceci étant, de la part de responsables politiques italiens, cette recherche du dialogue avec les gilets jaunes était tout à fait déplacée. Bref, l’ambassadeur de France à Rome a été rappelé, ce qui, en diplomatie, est un acte grave qui, souvent, a précédé la guerre ouverte. Voilà donc Macron, sur son pur-sang, prêt à bondir sur le pont d’Arcole comme Bonaparte en 1796. Et puis, miracle, on se réconcilie. L’ambassadeur va s’en retourner à Rome et Macron a invité le président italien à venir faire un tour à Paris. Mais on a eu très peur …

En réalité, ce qui agace surtout Paris, c’est que, sous la menace d’une invasion migratoire partie de la Libye, l’Italie s’est rangée aux côtés des « populistes », comme le commandaient le bon sens et ses intérêts élémentaires.

Plus à l’est, au Moyen-Orient, c’est toujours une tuerie sans fin. L’islam a pris le dessus. Daesh est toujours là. Des centaines de milliers de victimes, des millions de déplacés, femmes et enfants, des cités anéanties. Si l’on excepte le Liban, pour des raisons surtout religieuses, et une longue tradition, la France n’a plus aucune influence dans cette région. Celle-ci n’est plus qu’un champ de bataille que se disputent les États-Unis, la Russie, la Turquie, très anti-occidentale, et l’Iran. Le temps est loin de la colonisation anglaise et française qui assurait à cette région la paix et le développement.

Je terminerai cette brève revue de politique étrangère plutôt affligeante par le cas de Carlos Ghosn. Brillant capitaine d’industrie, l’un des meilleurs de la planète, qui a fait ses preuves en redressant Nissan (les Japonais n’y parvenant pas), il a été jeté en prison, dans une cellule de 9 m2 éclairée jour et nuit.

Ce qui lui est reproché relève en réalité de la compétence de conseils d’administration et c’est là que les questions auraient dû lui être posées.

Il est clairement la victime d’une sorte de complot où il apparaît que les Japonais ne voulaient plus d’un Occidental à la tête de cette industrie. Ils lui ont appliqué la présomption de culpabilité et ils
peuvent le condamner pratiquement à la perpétuité. En ce domaine, que peut faire notre diplomatie ? Si Carlos Ghosn était américain, je crois que tout cela se serait passé autrement.

Un article de Lambert Christian,relayé pour journalpolitique.info

Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Les dysfonctionnements administratifs qui ont conduit au limogeage du Préfet de Paris et ancien préfet du Rhône Michel Delpuech, et l’agressivité communicationnelle des forces politiques répondent du regain terrible de la violence, destiné à orchestrer en force l’ultimatum de l’acte XVIII de samedi 16 mars dernier. En pleine stratégie du chaos due à la citadellisation du pouvoir en tempête, la violence exprimée a un rôle bien précis : elle choque, elle heurte, elle effraye. S’arrachant cette matière visuelle incroyable, journalistes, photographes, médias français et internationaux associent inévitablement les GJ aux agressions commises : c’est bien leur révolte qui permet à la violence organisée par les extrêmes de proliférer, à leur discrédit. La guerre du bas offre le spectacle sauvage que les agitateurs ont bien planifié. Chacun se crispe davantage sur ses positions, et les antifas, anarchistes (et même ces revendiqués « islamogauchistes ») sont bien le moteur du désordre.

Par Malik, pour journalpolitique.info

Le PR nous semble donc utiliser tactiquement la déferlante violente associée aux GJ pour rendre complice l’ensemble du mouvement. C’est une stratégie logique, en ce sens que face à la première grande crise systémique depuis les années 1960, le pouvoir se barricade et doit agir très vite. Le PR de retour d’Afrique aurait voulu se reposer, en skiant à la mi-mars non loin des journalistes. Un pied-de-nez champagne, abondamment relayé par les hurleurs des réseaux asociaux gonflant à bloc les manifestants. La violence explose, l’Élysée annonce à 22h que le PR « reviendra à Paris ce soir ». L’ultimatum est passé, le PR a encore une fois du aggraver la crise pour s’en sortir. Le gouvernement et les services ne se sont pas bien entendus, l’adaptation rapide de gestion de l’ordre public est en débat depuis déjà une semaine.

J’avais soutenu l’idée que la crise doit être régulée dans la démocratie. Parmi les forces identifiées à l’extrême-gauche, je souhaite clarifier la cible de ma critique : la jeunesse activiste, antifa, violente, militant pour un plus grand désordre. Je ne m’attaque pas à la pensée anarchiste en tant que telle, mais aux forces qu’on dirait « radicalisées et violentes » et les discours qui les rendent légitimes à toute une gauche libertaire.

Un triple terreau : marxiste, écologiste, libertaire. Fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). JOURNALPOLITIQUE.INFO

De quel segment sociologique s’agit-il ? Les résultats des interpellations depuis l’acte III, l’histoire du mouvement antifascite de la jeunesse, l’analyse des photos de l’acte XVIII ou encore le suivi de communautés en ligne revendiquées cyniquement islamogauchistes me permet de supposer que les forces vives sont des 18-30 ans, hommes et femmes, issues de la classe moyenne née en 1968. Des parents profs ou cadres privés, indépendants avec un peu de patrimoine, une volonté obsessionnelle des enfants de déconstruire leur reflet bourgeois. Souvent plutôt athées, féministes, écologistes, on y trouve des étudiants, des membres du précariat, des hippies voyageurs et mondialistes, des rastafaris et un fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme, à l’Eglise et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). L’esprit classique antifa serait un délire adolescent qui se prolonge par une double anesthésie : rejet du « système » donc abandon de la politique au profit d’un égoïsme heureux, consommation de cannabis et de jeux-vidéos pour distinguer ad vitam aeternam politique et vraie vie.

Créatures de la déculturation, ils font de l’émancipation individuelle la mantra de toute action publique. Lorsque ce résidu de gauche a atteint ses limites de l’analyse du capitalisme, lorsqu’à la réforme du capitalisme pensé comme économie-monde ils ont préféré la destruction de celui-ci et le repli sur leur autogestion, une fraction radicale a érigé tout ordre, dans un esprit de convergence des luttes, comme malsain et indigne de leur glorieuse personne libérée. Si le « burn all flags » reste internationaliste et solidaire de l’humanité, cette fraction que nous dénonçons a pris part à un ensauvagement depuis les années 2010 (voir Black Blocks, ou les récents affrontements à Montpellier, Lille ou Lyon) et en est rendue à rejeter entièrement la République. La résurgence de l’extrême-droite, la « volonté d’en découdre » et la surenchère identitaire fait le reste. Le terreau universitaire de cette doctrine non seulement politise excessivement les jeunes générations, mais plus encore déclenche des effets de meutes agressifs envers toute chose.

La convergence des luttes, illustration pour la manifestation du 8 mars organisée à Lyon 1er.

En effet l’État n’est plus pour ces militants la volonté générale en action ou encore l’instrument de domination de classe qu’il faudrait équilibrer, il est tout simplement l’agrégation de l’ensemble des luttes individuelles des « grands émancipés ». Devenus nihil, ils plient désormais une bonne partie de la gauche à cette doxa sociétale inspirée directement des Etats-Unis, à travers syndicats, universitaires. On pense bien sûr à Raphaël Glucksmann. On constate bien que les républicains de gauche n’a plus d’autre choix que soit renoncer aux principes républicains, soit rejoindre cette république en marche. On perçoit notamment dans les études d’opinions 2017-2019 un mouvement PS->LREM bien sûr, mais aussi PS->LR et PS->RN.

Il est regrettable que tout comme l’arc de Triomphe, tout représentant du patriarcat est voué à l’opprobre. Y compris ce policier courageux, assassiné dans sa mission de protection ces mêmes étudiants nihilistes anti-Etat, dont la stèle n’a pas été épargnée.

La dérision comme remède à leur nihilisme ? On en vient au cœur du problème. Ces groupuscules sont utilisés pour contenir le mouvement de fond, certes, mais le problème démocratique survient lorsque ces groupes et les autres menacent les principes garantis par la Constitution et qu’une propagande individualiste vécue sur le ton de la « blague cool » vient légitimer subrepticement dans les corps d’étudiants en quête de reconnaissance sociale. Voilà une cause à défendre, et facile car c’est une cause réactionnaire (anti-fascisme). Cette propagande vient encourager la guerre du bas, la violence, l’islam politique et l’intolérance etc. Et se défendrait dans un cadre intellectuel marxiste-anarchiste, mais la mise en pratique massifiée et simplifiée de ces agitateurs indolents finit par se retourner contre toute chose.

Source : facebook 18/03

Notons toutefois qu’un utilisateur de la page facebook va plus loin, en demandant à deux reprises pourquoi vouloir casser systématiquement l’abribus :


Alors juste, si on peut m’expliquer les attaques contre les abribus je serais super content en vrai. Autant la pub, les banques, dab, etc. Je m’en contrebalance l’échine avec un steak de soja. Autant je comprends pas pourquoi péter les vitres de l’abribus (et je parle pas de la partie pub, mais genre là où on peut poser le dos.)

Réponse de la page Memes Islamogauchistes : mais n’essayez même pas de le justifier c’est un non sujet les abribus. C’est le fait de S’inquiéter de leur sort le problème

Un dernier essaye d’argumenter : La destruction en soi n’est pas justifiée, et peu importe si c’est un abribus ou autre. Si la pub vous dérange, détournez les yeux. Quand au capitalisme, je ne vois pas pourquoi on devrait l’abolir. Bref les Black Blocks sont des fous furieux qu’il faut interner. Réaction de la communauté :

La réaction

Ce détour par la culture pop islamogauchiste de la convergence des luttes explique bien pourquoi ces activistes alimentent activement la stratégie du chaos utile à Macron, au détriment de tous ceux qui croient en des méthodes civiques, raisonnées et non-totalitaires et s’activent, eux, à rester pacifiques et républicains.

A ce stade qui a une vision fasciste à imposer sous couvert d’ironie ?

Vous souhaitez une tribune de lecteur ? Journalpolitique.info les relaye ici (Dossiers – Lecteurs). Vous pouvez écrire à malik@journalpolitique.info ou envoyer directement un document word 1 à 3 paragraphes. L’équipe reviendra vers vous.

Loin des idées reçues, les Français parmi les plus ouverts dans leurs relations sociales

Loin des idées reçues, les Français parmi les plus ouverts dans leurs relations sociales

Viennent de paraître les premiers résultats d’un sondage comparatif international réalisé par IPSOS Mori (global Market and opinion research specialists, ISPOS au Royaume-Uni), dédié aux relations sociales et amicales, ainsi les opinions politiques, religieuses ou idéologiques dans la constitution de groupes d’amis. Les résultats contredisent les stéréotypes habituels et discours réducteurs.

En substance, l’institut demande aux enquêtés : « Vivez-vous dans votre bulle ? Côtoyez-vous le reste de la société ? Préférez-vous rester avec ceux qui vous sont similaires ? » Vous pouvez consulter la présentation de la BBC ou les autres études d’ISPOS Mori.

Logo d’Ipsos, droits réservés.

Les résultats viennent contredire la caricature et le stéréotype véhiculés à gauche comme à droite d’un peuple renfermé et grognon : en fait, « l’entre-soi » (ou le « classisme » tant décrié par l’extrême-gauche) est davantage pratiqué par nos voisins européens. Les Français, qui forment une nation large et belle, évoquent plus que les autres leur rapport quotidien à ce que les idéologues appellent benoîtement « diversité ». L’étude porte sur des citoyens de 27 pays et montre que les citoyens français sont les moins homogames dans leurs pratiques sociales, les moins « dans leur bulle« , les plus aventureux socialement : sur un plan ethnique (49% déclarent que plus de la moitié de leurs amis sont du même groupe ethnique, contre 62% des britanniques par exemple – on sent par ailleurs la méthode anglo-saxon et anti-universaliste de l’étude avec ce type d’indicateur), sur un plan confessionnel (30% déclarent que plus de la moitié de leurs amis sont de mêmes croyances, contre 48% des italiens par exemple ) ou encore politique (23% déclarent que leur cercle social partage leur opinion politique, contre 44% en Hongrie ou 46% en Russie). Une majorité de sondés français estime donc sur chaque sujet fréquenter avoir des relations hétérogames.

L’âge, le genre, le niveau de revenu ou de diplôme, la culture et les opinions politiques : tous ces facteurs démontrent la moindre homogamie qu’ailleurs, marque d’un esprit égalitaire et tolérant et d’une culture du débat à la française

JOURNALPOLITIQUE.INFO à partir d’IPSOS, 2019

Qu’en penser ? La France demeure un pays libéral, démocratique, et sa population reste largement mélangée et se fréquente, se parle (on note un niveau élevé de sondés déclarant débattre très souvent avec des opinions opposées – un effet GJ ?). Chaque citoyen est conscient de cette force de la nation française, « parler avec tout le monde ».

Toutefois, « un sondage est à prendre avec précaution« , et plus encore un sondage déclaratif sur les subjectivités comme celui-ci. Pourrait-on aller jusqu’à expliquer, a contrario et se fondant sur cette méfiance, que ces chiffres montrer d’abord que les Français sont les plus enclins à clamer, déclarer leur diverso-philie aux sondeurs, puisque bien évidemment ils sont les plus endoctrinés par le tropisme libéral ? Ou parce que déclarer est un acte qui donne au soin une impression d’authenticité et que l’on désire se sentir ouvert ? Ce serait légitime mais exagéré : nous voyons que les contacts avec les autres groupes sociaux avancés par les sondés ne se limitent pas qu’à la religion ou à l’ethnie. Le vrai pays, ce n’est pas « la France pays raciste » que nous dénoncent certains indigénistes, ce n’est pas l’attalisation disproportionnée des esprits se « confessant » à l’IPSOS et ne se considérant pas hors de leur bulle. L’âge, le genre, le niveau de revenu ou de diplôme, la culture et les opinions politiques : tous ces facteurs démontrent la moindre homogamie qu’ailleurs, marque d’un esprit égalitaire et tolérant et d’une culture du débat à la française. Notre spécificité universaliste ouverte au monde (je te considère comme un citoyen, une citoyenne avant tout) existerait donc encore.

D’une part, la division communautaire et les appels à l’entre-soi ; d’autre part les attaques contre l’esprit français soi-disant « renfermé » qu’on voudrait liquider, « la France pays du repli » : ces inepties nient le réel, tout simplement. Ces militants-là pourraient visiter les pays communautarisés (Canada, Liban, États-Unis, Argentine, Royaume-Uni…) et une fois de retour en France cesser de culpabiliser le peuple, fils de l’histoire de la France dans le monde, qui connaît bien sa propre teneur et n’a aucun besoin d’être caricaturé.

A votre service,

Journal politique


Le projet démarre et cherche des rédacteurs à Lyon. Mission bénévole selon l’esprit du portail, selon votre temps libre et vos angles d’attaques : contactez-nous !