Europe : Manuel Valls en pivot franco-catalan ?

Europe : Manuel Valls en pivot franco-catalan ?

En ce début de semaine, une tribune de 41 sénateurs français (LR-LREM-PS-PCF) condamnait « les répressions dont sont victimes des élus légitimes, représentants politiques de la Generalitat de Catalogne emprisonnés ou forcés à l’exil pour leurs opinions dans l’exercice des mandats que leur ont confiés les électeurs » et plus largement le processus démocratique de résolution du conflit entre l’Espagne, la constitution, et la Catalogne, le gouvernement local « réprimé ». « Les manquements aux valeurs démocratiques peuvent paraître choquants en Hongrie, en Pologne, ou en Roumanie mais ne le sont pas forcément quand il s’agit de l’Espagne » : une façon de dire qu’il faut s’ingérer en cas de populismite aigue, même si l’Espagne est un voisin direct souverain ?

Manuel Valls a tiré un trait sur la France pour l’instant, il l’a montré en abandonnant son mandat électoral, onction solitaire de l’Essonne (91). Il est désormais engagé pour Barcelone, dans une campagne où il se voit perdant face à plusieurs journalistes, dans ce choix électoral qu’il juge plus intime que politique (JDD). Il a néanmoins reçu lundi le soutien en personne de Bernard Henri-Lévy, présent à Barcelone dans le but de pourfendre ce qui devient « la capitale du populisme« . « Les gilets jaunes, l’extrême-droite, les indépendantistes » : le prêcheur Looking for Europe se doit d’épauler Manuel Valls, qui s’étend ces derniers temps en confidences privées alors que sa vie change. Une façon de le requinquer ? Ou un story-telling à l’échelle européenne ?

« Appelez-moi Manuel, ici tout le monde m’appelle Manuel.Variante : senyor Valls ». Tout cela lui va bien au teint – il n’a plus les sempiternelles plaques rouges à la jonction du cou et des joues, et des joues et des oreilles. « On a ­retrouvé le Manuel qu’on avait perdu entre l’Intérieur et ­Matignon ; il est sorti de l’impasse « 

Anna Cabana, JDD 16/03/2019

Enfin, le gouvernement français et le président du Sénat Gérard Larcher, réassurant sa « pleine confiance et son soutien à l’égard des autorités espagnoles« , condamnent cette initiative. « Il n’appartient pas à la France de s’immiscer dans des procédures judiciaires en cours« , écrit le Quai d’Orsay dans un communiqué, rappelant que la France est évidemment attachée « à l’unité et à l’intégrité de l’Espagne« . Ces attaches, Manuel Valls y souscrit dans la foulée : il qualifie sur Twitter le manifeste« d’irresponsable » et invite « ces 41 sénateurs à suivre en direct le procès de ceux qui ont violé la Constitution espagnole », saluant loyalement « le soutien du gouvernement français à l’unité de l’Espagne » par la suite.

Conclusion : cette campagne européenne montre bien que les enjeux sont liés. Le camp pro-européen et les institutions de la campagne Looking for Europe, critiquée pour utiliser la langue shakespearienne en plein Brexit et la démarche à tâtonnements, soutiennent-elles un Valls pro-unitaire ou les indépendantistes catalans ? De l’Algérie à l’Allemagne, de la France à la Hongrie, de l’Italie à la Turquie, de l’Angleterre à l’Autriche, ce qui se passe en ce moment en lié à une conscientisation massive et une renaissance des volontés démocratiques. La preuve pour la France, notre ancien premier ministre n’est jamais loin.

Affaire à suivre,

Journalpolitique.info