Haroun en sables mouvants (2) : précisions

Suite à la polémique suscitée sur facebook, sur une page qui relaye nos articles, Malik clarifie quelques points à propos de son analyse à charge du sketche de l’actu de Haroun :

1/ Nous n’attaquons pas l’humoriste en tant que personne, ni en tant que comédien. Seulement sur le plan politique. Nous condamnons ceux qui insultent la personne, ceux qui insultent les lecteurs, bien entendu sans avoir rien lu de l’article.

2/ Nous rappelons que l’humour et la dérision sont partie intégrante des systèmes et régimes politiques depuis Athènes. L’humour n’est pas innocent, au contraire c’est un glaive, et particulièrement en France. Ici les estocades sont aveugles et mal orientées, comique de situation du coup.

3/ Nous attaquons son sketche qui s’aventure maladroitement sur un terrain politique. D’habitude chacun y prend pour son grade dans ses spectacles. Cette fois il a voulu aller avec cette instrumentalisation d’un attentat criminel pour viser, dans sa conclusion performative, ce qui fait le fondement de ce pays en forme de CQFD, et criminaliser tout conservatisme. C’est ce tour de passe-passe amalgamant qui est dénoncé.

4/ Un article à charge sert à secouer, il n’est pas une vérité définitive. L’intérêt est de montrer que tout n’est pas si simple. C’est de l’humour, certes, mais à l’âge des défèqueniouze et de la segmentation de la vérité, l’humour est pensée dominante. Lorsque l’on s’abreuve de youtube, twitter, facebook et autres perfusions d’images et clickbait on peut considérer que tout est innocent et que l’histoire est achevée à l’ère d’internet, qu’on doit rire de tout pour éviter de se sentir vide. Et vite un peu de contenu pour remplir l’esprit devenu contenant.

5/ Au contraire l’histoire et la politique ont repris du poil de la bête, et le cyberespace où Haroun joue des coudes avec ses concurrents n’est pas neutre. Surtout concernant les affaires politiques.

Malik pour journalpolitique.info

« La France, Syrie de l’extrême-droite » : l’humoriste Haroun en sables mouvants

« La France, Syrie de l’extrême-droite » : l’humoriste Haroun en sables mouvants

Vrai spectacle de la société spectaculaire.

Dans son sketche « De l’actu« , sous-titré prosélytement #OnRigoleBien, Haroun, humoriste français de 34 ans, forgé entre les figures des Inconnus, de Jamel Debbouze, de Coluche et du vénérable Thierry Ardisson, entreprend une mission politique partisane un petit peu particulière. Pour sa revue d’actualité, il choisit de traiter les deux grands thèmes du moment : le hidjab décathlon et l’attentat de Christchurch. Pour lui l’occasion de mettre à jour, sous couvert de dérision, les clichés les plus emblématiques du think-fast. Il pourfend pêle-mêle et nommément Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Marine le Pen (RN), Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Robert Ménard, Renaud Camus et finalement « la France blanche et chrétienne« , à qui il se permet de déclarer « niquez vos mères« , et « sincèrement et de façon raisonnée » qui plus est. Dans quel pays les rangs déculturés applaudissent-ils avec autant de ferveur les attaques ad hominem de la culture historique et nationale ? Analyse.

Un acte militant

Sur son premier sujet, il restera dans une vision monolithique. Toute critique du vêtement religieux serait pour Haroun une critique du sport en tant que tel, alors qu’il s’agit simplement de ne pas manifester d’appartenance religieuse dans l’espace public. Il se complaît donc à filer sa métaphore athlétique : « foulée islamiste » (00:30), s’attaquant à un NDA qui les voudrait « lentes » (00:45). Il échoue sa figure de style rhétorique sur les rivages du lexique de la guerre bas, avec une douteuse « chasse aux musulmans en forêt« . Il fait le parallèle avec l’attentat de Christchurch procédant de mêmes chasses. Donc qui protège la laïcité et la culture historique en France soutiendrait de facto l’égaré criminel de Nouvelle-Zélande. On n’osait pas de tels parallèles et amalgames jusqu’alors concernant les attaques de 2015. Il en fait même le strapontin rhétorique pour aborder son second sujet, le vif. Et l’assume : « On va en parler un peu. Je vous le dis tout de suite » (01:15).

Une démonstration polémique en cinq estocades aveugles :

1- Contre le traitement médiatique des attentats islamistes. Haroun dit grosso modo que les médias fabriquent les attentats en citant toujours un témoin du cri « allah akhbar » lors de l’agression. Cette théorie complotiste en vogue sur internet et en réalité exonère parfois même les attaques de Toulouse ou de Strasbourg, « montées de toutes pièces ». Tout comme les sites complotistes antisionistes, il vise nommément CNews (01:36).

2- Son interprétation de l’attentat en Nouvelle-Zélande : « un mec d’extrême-droite qui est venu en France et qui s’est radicalisé en France » nous informe-t-il. Accusant son pays, sa terre, d’être une « Syrie de l’extrême-droite« , à partir de son postulat militant « extrême-droite dupont-aignan = djihadisme global », il nous explique qu' »il est retourné faire l’attentat« , alors même que le tueur est allé expressément en Nouvelle-Zélande pour son éloignement qui marque la globalité du conflit.

Pour ces influenceurs, l’opinion c’est avant tout la dérision, le détournement de ce qu’on pourrait qualifier de « vrai » ou « réel ».

Journalpolitique.info

3- Son attaque en règle du grand remplacement. Haroun a le mérite de dire qu’il s’agit d’une « pensée d’un auteur français« , car en effet le livre est complexe. Néanmoins de le restituer dans une logique binaire musulmans arabes-chrétiens blancs (voulue par la guerre du bas qu’il croit contrer), alors même que Camus évoque un « grand remplacisme global qui veut faire de l’interchangeabilité des attributs économiques et culturels la norme, plutôt que l’amitié des peuples« , et non pas des oppositions binaires. Il montre qu’il ne l’a pas lu et ne compte pas le lire. « Je ne comprends pas cette théorie. Pour moi on s’est mélangés de tous temps, on se remet en question« . Oui, pour toi. La théorie dit justement que le mélange naturel et historique, l’amitié des peuples, les carrefours de civilisation comme l’Europe c’est bien, mais un seul grand peuple planétaire déculturé, technicisé, sans passé et interchangeable c’est moins bien. Dans cette logique il n’y a pas » les chrétiens contre les musulmans » ou autre pensée simpliste, mais une gouvernance mondiale face à des résistances culturelles enracinées et transcendantes.

3- Suite : Haroun ne comprend pas la nuance. Il s’enfonce avec une drôle d’image : des singes autour d’un arbre. Les singes du bas sont évolués, mélangés. Dans cet état de nature à la Hobbes ou Marivaux, c’est désormais la grandeur morale mélangiste qui est dominante. Le singe resté dans les branche, parce qu’il ne se soumet pas au dictat du grand remplacisme multiculturel (préfère une pluralité de foyers nationaux et le droit des peuples à disposer d’eux mêmes) est évidemment réactionnaire, « Ericus Zemuris, un singe qui se nourrit de ses propres excréments » (03:27). Encore un axiome tautologique : « évidemment qu’on se mélange » (04:05). Sur les Bretons, peuple ô ancien, Haroun fustige « Ils savent pas qui ils sont,ils savent pas tu vois » (04:15). On le renverra une fois de plus à la science historique. Mais ensuite, il déclare qu’un juif polonais et un juif tunisien ce n’est pas tout à fait pareil finalement (05:00). Donc les peuples auraient des spécificités, professeur Haroun ? Merci de vous mordre la queue pour nous.

4- La théorie du complot : celle-là même qu’il justifie, il voudrait la critiquer à partir du syllogisme. Pour l’humoriste qui a revêtu un costume de défenseur de la raison, mais cousu à l’envers, ceux qui « pensent » sont en fait dans des erreurs logiques. Leur erreur n’est pas d’appréciation : est-ce que les populations changent, migrent, se développent etc., elle est une erreur logique et totale de leur esprit malsain. Ceux qui sont dans le vrai sont ceux qui ont cette vision de bien bas étage, comme celle qu’il professe d’un œil souvent sérieux révélant le tigre sous l’agneau.

5- Contre Eric Zemmour : il croit que Zemmour « s’injecte du seum en intraveineuse » (06:40), alors même que Zemmour injecte du seum entre « caïds patriarcaux des banlieues » et ces « petits blancs« , ces « gaulois » païens qui se feraient prendre leurs femmes. Une fois de plus, la lucidité de l’humoriste se manifeste avec faiblesse. Il en vient à servir la guerre du bas zemmourienne en incarnant drôlement l’islamiste lambda caïd (07:50) :

Haroun imagine les personnages décrits par E. Zemmour

Mais ensuite il l’incarne avec beaucoup moins de drôlerie. « J’ai trouvé une solution : niquez vos mères. Attends ! c’est pas pour être insultant, ils peuvent se reproduire avec leur propre mère ou sœur, pour faire des enfants bien teubés mais bien purs« . Et regardant le sol, avec un peu d’émotion dans la voix car il se rend compte qu’il attaque ce pays qui l’a élevé et se sent ridicule, la parousie : « cette culture chrétienne blanche, défoncée« . Se rend-il compte de ses mots ? Il soupire : « voilà« . Fin du sketch, mission accompli du militant utile. Il n’avait en fait qu’une seule cible bien amalgamée. Utile car un public à qui l’on vend sa propre culture comme « puant le cadavre« , pour lui faire intégrer l’idée de sa remplaçabilité est une belle offrande au djihadisme global, vu le contexte que l’on sait très tendu. Ses bonnes intentions feraient mieux de toucher à ces questions avec humilité et précaution.

BONUS: Axel Leclercq de positiv.fr de s’extasier :  » Décryptant les raisonnements xénophobes, l’humoriste passe en revue quelques actualités marquantes des semaines passées. Brillant. » (26 mars). « Décrypter » est le rôle de la philosophie et des sciences, à la rigueur du journalisme, mais pas de l’humour boboï-centré. Comme quoi pour ces influenceurs, l’opinion c’est avant tout la dérision de type perroquet. D’ailleurs, Haroun ne se prive pas de moquer la méthode journalistique, qui prétendument ne relaye que des informations fausses à partir de faux témoins, et des sciences sociales (il ne connaît aucun sociologue on dirait… 07:24 des études existent sur la « seconde zone », voir les travaux de Fabien Truong qui montrent bien le lien étrange entre fondamentalisme culturel et délinquance agitée)

Malik pour Journalpolitique.info

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Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Les dysfonctionnements administratifs qui ont conduit au limogeage du Préfet de Paris et ancien préfet du Rhône Michel Delpuech, et l’agressivité communicationnelle des forces politiques répondent du regain terrible de la violence, destiné à orchestrer en force l’ultimatum de l’acte XVIII de samedi 16 mars dernier. En pleine stratégie du chaos due à la citadellisation du pouvoir en tempête, la violence exprimée a un rôle bien précis : elle choque, elle heurte, elle effraye. S’arrachant cette matière visuelle incroyable, journalistes, photographes, médias français et internationaux associent inévitablement les GJ aux agressions commises : c’est bien leur révolte qui permet à la violence organisée par les extrêmes de proliférer, à leur discrédit. La guerre du bas offre le spectacle sauvage que les agitateurs ont bien planifié. Chacun se crispe davantage sur ses positions, et les antifas, anarchistes (et même ces revendiqués « islamogauchistes ») sont bien le moteur du désordre.

Par Malik, pour journalpolitique.info

Le PR nous semble donc utiliser tactiquement la déferlante violente associée aux GJ pour rendre complice l’ensemble du mouvement. C’est une stratégie logique, en ce sens que face à la première grande crise systémique depuis les années 1960, le pouvoir se barricade et doit agir très vite. Le PR de retour d’Afrique aurait voulu se reposer, en skiant à la mi-mars non loin des journalistes. Un pied-de-nez champagne, abondamment relayé par les hurleurs des réseaux asociaux gonflant à bloc les manifestants. La violence explose, l’Élysée annonce à 22h que le PR « reviendra à Paris ce soir ». L’ultimatum est passé, le PR a encore une fois du aggraver la crise pour s’en sortir. Le gouvernement et les services ne se sont pas bien entendus, l’adaptation rapide de gestion de l’ordre public est en débat depuis déjà une semaine.

J’avais soutenu l’idée que la crise doit être régulée dans la démocratie. Parmi les forces identifiées à l’extrême-gauche, je souhaite clarifier la cible de ma critique : la jeunesse activiste, antifa, violente, militant pour un plus grand désordre. Je ne m’attaque pas à la pensée anarchiste en tant que telle, mais aux forces qu’on dirait « radicalisées et violentes » et les discours qui les rendent légitimes à toute une gauche libertaire.

Un triple terreau : marxiste, écologiste, libertaire. Fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). JOURNALPOLITIQUE.INFO

De quel segment sociologique s’agit-il ? Les résultats des interpellations depuis l’acte III, l’histoire du mouvement antifascite de la jeunesse, l’analyse des photos de l’acte XVIII ou encore le suivi de communautés en ligne revendiquées cyniquement islamogauchistes me permet de supposer que les forces vives sont des 18-30 ans, hommes et femmes, issues de la classe moyenne née en 1968. Des parents profs ou cadres privés, indépendants avec un peu de patrimoine, une volonté obsessionnelle des enfants de déconstruire leur reflet bourgeois. Souvent plutôt athées, féministes, écologistes, on y trouve des étudiants, des membres du précariat, des hippies voyageurs et mondialistes, des rastafaris et un fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme, à l’Eglise et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). L’esprit classique antifa serait un délire adolescent qui se prolonge par une double anesthésie : rejet du « système » donc abandon de la politique au profit d’un égoïsme heureux, consommation de cannabis et de jeux-vidéos pour distinguer ad vitam aeternam politique et vraie vie.

Créatures de la déculturation, ils font de l’émancipation individuelle la mantra de toute action publique. Lorsque ce résidu de gauche a atteint ses limites de l’analyse du capitalisme, lorsqu’à la réforme du capitalisme pensé comme économie-monde ils ont préféré la destruction de celui-ci et le repli sur leur autogestion, une fraction radicale a érigé tout ordre, dans un esprit de convergence des luttes, comme malsain et indigne de leur glorieuse personne libérée. Si le « burn all flags » reste internationaliste et solidaire de l’humanité, cette fraction que nous dénonçons a pris part à un ensauvagement depuis les années 2010 (voir Black Blocks, ou les récents affrontements à Montpellier, Lille ou Lyon) et en est rendue à rejeter entièrement la République. La résurgence de l’extrême-droite, la « volonté d’en découdre » et la surenchère identitaire fait le reste. Le terreau universitaire de cette doctrine non seulement politise excessivement les jeunes générations, mais plus encore déclenche des effets de meutes agressifs envers toute chose.

La convergence des luttes, illustration pour la manifestation du 8 mars organisée à Lyon 1er.

En effet l’État n’est plus pour ces militants la volonté générale en action ou encore l’instrument de domination de classe qu’il faudrait équilibrer, il est tout simplement l’agrégation de l’ensemble des luttes individuelles des « grands émancipés ». Devenus nihil, ils plient désormais une bonne partie de la gauche à cette doxa sociétale inspirée directement des Etats-Unis, à travers syndicats, universitaires. On pense bien sûr à Raphaël Glucksmann. On constate bien que les républicains de gauche n’a plus d’autre choix que soit renoncer aux principes républicains, soit rejoindre cette république en marche. On perçoit notamment dans les études d’opinions 2017-2019 un mouvement PS->LREM bien sûr, mais aussi PS->LR et PS->RN.

Il est regrettable que tout comme l’arc de Triomphe, tout représentant du patriarcat est voué à l’opprobre. Y compris ce policier courageux, assassiné dans sa mission de protection ces mêmes étudiants nihilistes anti-Etat, dont la stèle n’a pas été épargnée.

La dérision comme remède à leur nihilisme ? On en vient au cœur du problème. Ces groupuscules sont utilisés pour contenir le mouvement de fond, certes, mais le problème démocratique survient lorsque ces groupes et les autres menacent les principes garantis par la Constitution et qu’une propagande individualiste vécue sur le ton de la « blague cool » vient légitimer subrepticement dans les corps d’étudiants en quête de reconnaissance sociale. Voilà une cause à défendre, et facile car c’est une cause réactionnaire (anti-fascisme). Cette propagande vient encourager la guerre du bas, la violence, l’islam politique et l’intolérance etc. Et se défendrait dans un cadre intellectuel marxiste-anarchiste, mais la mise en pratique massifiée et simplifiée de ces agitateurs indolents finit par se retourner contre toute chose.

Source : facebook 18/03

Notons toutefois qu’un utilisateur de la page facebook va plus loin, en demandant à deux reprises pourquoi vouloir casser systématiquement l’abribus :


Alors juste, si on peut m’expliquer les attaques contre les abribus je serais super content en vrai. Autant la pub, les banques, dab, etc. Je m’en contrebalance l’échine avec un steak de soja. Autant je comprends pas pourquoi péter les vitres de l’abribus (et je parle pas de la partie pub, mais genre là où on peut poser le dos.)

Réponse de la page Memes Islamogauchistes : mais n’essayez même pas de le justifier c’est un non sujet les abribus. C’est le fait de S’inquiéter de leur sort le problème

Un dernier essaye d’argumenter : La destruction en soi n’est pas justifiée, et peu importe si c’est un abribus ou autre. Si la pub vous dérange, détournez les yeux. Quand au capitalisme, je ne vois pas pourquoi on devrait l’abolir. Bref les Black Blocks sont des fous furieux qu’il faut interner. Réaction de la communauté :

La réaction

Ce détour par la culture pop islamogauchiste de la convergence des luttes explique bien pourquoi ces activistes alimentent activement la stratégie du chaos utile à Macron, au détriment de tous ceux qui croient en des méthodes civiques, raisonnées et non-totalitaires et s’activent, eux, à rester pacifiques et républicains.

A ce stade qui a une vision fasciste à imposer sous couvert d’ironie ?

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