Les gilets jaunes, Notre-Dame et la renaissance de l’Europe

Les gilets jaunes, Notre-Dame et la renaissance de l’Europe

Après deux mois de publications, il est temps de synthétiser les grandes lignes qui se dégagent de tout ce qu’on a observé et analysé. En ce printemps 2019, la France renaît. Une analyse en quatre actes pour journalpolitique.info

Samedi veillant sur Paris depuis le Sacré-Coeur de Montmartre. .

1. Gilets jaunes : « la France de retour » et la fin de la chape de plomb

Si on a dit que les gilets jaunes étaient héroïques (voir articles), c’est parce que l’immense remue-ménage réformiste et révolutionnaire a été enclenché grâce à eux. Ceux qui sont pacifiquement allés se montrer 23 semaines de suite, tout l’hiver jusqu’au printemps, malgré tous les chapeaux que les infiltrés divers leur ont fait porter.

Les médias mainstream, les intellectuels de plateaux, les politiques : leur pouvoir est devenu intolérable. La société étant atomisée en unités productives autonomes, un tel pouvoir sur la superstructure est vécu comme injuste, sur fond d’égalitarisme. Une constante du discours et le doublement de l’injustice, car la classe dirigeante prône justement l’égalité. Le multiculturalisme comme objectif politique est un échec, dans la mesure où la liberté et la tolérance ne sont partagées qu’au sein de la société cosmopolite, qui laisse à ses périphéries se communautariser par besoin de solidarité, et se rétrécit sous effet de masse.

Il y a donc un régime idéal très élaboré et qui est génial là où il s’applique (en centre-ville) mais qui paraît grandiloquent et fou là où ne s’applique pas. Les gilets jaunes signent la rébellion contre un agenda libéral utopique qui ne s’applique que dans ces zones aéroportisées des métropoles, humains urbains entourés de classes productives, quant à elles peu à peu enfoncées dans le salariat et le précariat atomisés, perdues quant à leur communauté de destin à qui se référer. D’où le regain nationaliste à gauche comme à droite. Comme le rappellent les intellectuels, on s’interrogeait beaucoup moins sur l’identité nationale, qui allait de soi dans une tranquillité latine tout à fait brillante et productive. C’est la remise en question frontale et vindicative qui a relancé le patriotisme du XXIe siècle.

Désormais le peuple se sentant menacé dans ce qu’il est. Emmanuel Macron ne s’y trompe pas en parlant de refondation nationale et européenne. On en est bien là grâce à l’alignement des étoiles et le long chemin de croix des gilets jaunes pacifiques.

Nous remercions le gilet jaune pour avoir réveillé la conscience historique populaire, et ce malgré les manipulations dantesques qui leur ont été opposées (et malgré la médiocrité d’une partie du mouvement elle-même). La preuve étant qu’une majorité du peuple, c’est-à-dire une majorité de Français, a soutenu le mouvement depuis le mois de novembre. En Italie, on me disait cet hiver en commentant les scènes de l’insurrection sur la Rai : « La Francia è di ritorno », la France est de retour.

La mobilisation du cyberespace par les gilets jaunes a mis fin à la chape de plomb : ils ont gagné

Le retour de l’esprit païen, héroïque, solidaire, populaire. Le populisme devient une fierté (dont une bonne moitié des dirigeants ne s’est d’ailleurs jamais cachée), les sites conspirationnistes se multiplient sur fond de dialogue inter-religieux houleux mais positif, le militantisme révolutionnaire est plus vif que jamais dans toutes les factions et associations de France. Bref, la chape de plomb a sauté, c’est un moment crucial de la démocratie de ce siècle. Le grand débat a légitimé toute discussion de ce thème, nous avons ouvert le portail pour diffuser des connaissances.

Retour du conflit vertical et de la fronde populaire.

2. Échec du multiculturalisme hors-sol : retour aux symboles

Ce terrain de jeu pour élites globales, les quartiers multiculturels branchés et les grandes institutions, concerne surtout les métropoles (Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg). On reproche à l’arrière pays, en quelque sorte, de ne pas entre de plein pied dans la béatitude libertaire, orientaliste et cosmopolite. Il n’est donc pas étonnant que le discours multiculturaliste montre ses contradictions, lorsqu’un panel de citoyens français se réjouit en chœur quand Notre-Dame brûle. C’est bien la preuve qu’on ne rend pas chacun interchangeable dans ses valeurs, symboles et réactions, mais que chacun veut rester attaché à ce qu’il est. Mettons donc fin à l’orthodoxie du métissage anti-peuples et à la mauvaise utilisation de la nationalité.

Le rejet de la société cosmopolite et libérale par ces mêmes populations montre que sa juridiction vacille, et que tout le système national est à repenser. Le discours multiculturaliste est contrarié parce qu’on se rend compte que le régime universel, est en fait un particularisme européen. Eh oui, le drapeau de l’Union Européenne symbolise bien les douze étoiles de Marie. Il faut revoir les fondements. Et ce particularisme fondamental, il est localisé, là, sous vos yeux.

Il est en train d’être purgé par un feu venu d’on ne sait où.

Quand des citoyens français se réjouissent du brasier sur l’un des plus hauts-lieux de la chrétienté catholique, protestante, mais aussi orthodoxe et des églises d’Orient, d’Asie et d’Afrique, en plus d’être un symbole de Paris, du peuples français voire l’humanité en général, quand ceux qu’on attendrait comme représentants actuels de l’humanisme européen réel évoquent les préoccupations mondiales pour la grande église comme « un délire de petits blancs« , je crois qu’il est temps de mettre les choses au clair.

3. Réalisme : une stratégie au concret

Cela signifie que chacun se demande comment trouver la paix civile partant d’un niveau de haine ahurissant de part et d’autre, sans utiliser les faux-arguments mis à disposition. Il faut plutôt parler de politique et de géopolitique au concret (relire par exemple la stratégie carolingienne et le grand échiquier) et comprendre ce que ça implique pour la société française. Après la refonte du projet national, il sera envisageable de recentrer la place de la France dans l’Union Européenne qui doit être maintenue et réorientée.

Nos amis orthodoxes venaient de plus en plus nombreux et nombreuses à Notre-Dame de Paris, prier la couronne d’épines rapportée par Saint-Louis à Paris en 1249.

Images KTO France

Pardonnons à ceux qui se félicitaient du feu et oublions cette fable selon laquelle nous sommes l’Autre. Qui sommes-nous au fond ? L’histoire de l’Europe, et bien sûr celle de la France, est si longue et mérite d’être défendue. Se fondre dans la nouvelle orthodoxie diversitaire n’implique pas l’oblitération de soi mais le souvenir de soi et des vies antérieures, et d’être en paix avec cela. Le devise nationale du Québec est : Je me souviens. Souvenons-nous avant de penser à ce « nouveau monde » golémique.

Encore une fois, les populations hors société cosmopolite ont bien compris, se souviennent et perpétuent à juste titre leurs traditions menacées d’interchangeabilité. L’erreur est de penser que l’Europe est une terre friche qu’on doit livrer. Cette idée de changer la France, terre sainte et douce, en une banlieue du village global interchangeable, devient ignominieuse quand c’est volontairement professé par ceux qui souhaitent abolir toute tradition, défendant l’autre, qui compte au contraire ne pas se diluer dans l’Occident perçu comme décadent. C’est le réflexe de fin d’Empire, du déclin (voir les controverses à partir de la brillante analyse Le déclin de l’Occident de Spengler).

D’autres militants, confondant tous les déclins (civilisationnel, climatique, apocalyptique, messianique), les jugeant inévitables, pensent que toute action est vouée à l’échec et s’en tiennent à leur autogestion atomisée. Penser que tout est fini et ne plus vouloir participer aux affaires du pays, se voir comme identité modifiable à tout moment et démissionnaire du champ politique : « Circulez, il n’y a rien à voir, et d’ailleurs occupez-vous plutôt de votre compost et de vos impôts.« 

« Quel golem vais-je vous envoyer aujourd’hui… tiens, je vais essayer le populisme. »

On en vient au cœur du sujet : Macron souhaite prendre la tête du village global progressiste et rendre à la France sa fonction prophétique moteur quitte à doubler les populistes.

4. Renaissance de l’Europe : le all-in impérial d’Emmanuel Macron

Discours du 11 novembre 2018.

La remise de la France au premier plan pour porter le libéralisme messianique en Europe, 200 ans après Napoléon qui en avait été un grand champion, est une question récurrente dans la campagne de Macron et dans les deux premières années de sa présidence. « Champion de la terre« , chef du multiculturalisme et du multilatéralisme, chef de l’OCDE : Macron développe ce thème dans le discours historique du 11 novembre 2018, qui en est un élément central. Cependant vite désavoué par le mouvement social :

Figure de Marianne au sous-sol de l’Arc de Triomphe

Après avoir pris la mesure du problème immense de cohésion sociale avec Gérard Collomb et la crise de la Méditerranée à gérer avec les Italiens excédés, le rapport sur la Seine St-Denis, le PR a voulu mettre en place la reconquête républicaine, l’éducation massive, le Service national universel ou encore la tentative d’organiser l’islam de France. Ses marges de manœuvres existent aussi en Europe avec Frontex et Schengen, mais il y a énormément à faire.

Étant donné que le sort de l’Europe réalignée sur le front sino-américain se joue avec le Brexit et ce qui suivra, un grand coup de feu juste avant son discours-réponse fuité progressivement dans la presse permet une légitimation politique très forte symboliquement. Cet une image que le monde a vue, qui restera évidemment dans les archives planétaires jusqu’à l’oblivion.

D’où la tentative de Macron de faire de cet épisode le début d’une grande refondation et sauver sa présidence et ses chances de conquête du pouvoir européen. L’incendie s’ordonne à cette logique, à celles des américains qui y voient un 11 septembre ou des Turcs ou Iraniens qui disent que l’on sème ce que l’on récolte.

Je peux apprécier l’idéologie de la société cosmopolitique, Kant, les lumières ou d’autres libéraux. La raison-monde est fascinante.

Cependant je ne l’érigerai pas en norme au vu du contexte géopolitique mondial actuel et surtout au vu des tensions en France. Ce n’est pas le moment d’enfoncer le clou. On voit bien que la France préfère Marie à Marianne comme le suggère le lyonnais Bernard Pivot.

Comme après 1815, et après 1870, le protectionnisme revient. Comme dans les années 1930. Après la digestion générationnelle de la révolution culturelle de 1968, un cycle conservateur s’ouvrira dans un contexte de France archipel mondialisé. Sans réalisme, ce serait un prophétisme aveugle pour tout libéral sérieux (par exemple nos gouvernants très conscients) Il faut sortir du passé unique qui commence en 1945 ou en 1789.

Jeanne d’Arc, détail

C’est le feu sur la vieille Europe et la chrétienté, personne ne s’y trompe et y trouve ses propres implications. Ça n’implique pas de crier, de prendre les armes, de détester, de tout casser. Non. Simplement le meilleur prétexte pour ouvrir une analyse sur ce que nous allons faire : réhabiliter l’âme de la France, son rôle unique et déminer cette montée aux enchères identitaire organisée. En nous inspirant des anciens et en pensant à ceux qui nous succéderont. Aujourd’hui il faut revenir aux sources.

Révolte de 1848 à Paris

Revenons à Emmanuel Macron. Il est dans une toute autre logique, qui peut paraître plus simple : remplaçons symboliquement la vieille chrétienté gothique, qu’on veut effacer. Ces travaux de reconstruction règlent le problème qui se pose en France, cette saleté chauvine et raciste qui ne veut pas bouger d’un iota. On devrait être comme Trudeau, un vaste territoire à peupler massivement et donc multiculturel par vocation. Inscrivons-nous dans ce gigantesque kaléidoscope humain réparti sur un immense espace à remplir.

Organisons un peu les flux et les stocks de tout ce beau monde.

Or la France est historique, et elle n’est pas vaste, ni à peupler ni à vendre. On ne doit pas l’axer à tout prix sur l’économie monde productive et la dépecer.

Elle doit impérativement renforcer la cohésion du peuple actuel avant d’en ajouter, faute de quoi elle ne peut avancer qu’en se trahissant de plus en plus. Le peuple historique se sent vraiment dérouté par tant d’épreuves.

L’avez-vous vraiment compris, roi républicain ? (ici les gardes sont un poil plus endormis)

Peu importe se dit Macron, les Lumières triompheront et elles doivent s’incarner à Paris. Donc faisons-lui comprendre à tout ce peuple que son temps est terminé, que mon calcul lui est mondial. Qu’on ouvre une bonne fois pour toutes l’ère universelle. Allons vers un produit du mondialisme et du rayonnement, laissez-moi employer mes réseaux : un concours international. Les compagnons du devoir n’ont qu’à bien se tenir. Pour tous ceux qui se sentaient encore ce boulet de l’histoire au pied : ne vous inquiétez pas, hommes nouveaux, c’est désormais brûlé !

« Nous avons une stratégie pour l’Europe. » Macron n’est pas seul

Le résultat pourra remettre la France dans une position messianique au niveau mondial, régénérer le cœur d’Europe espère Macron. En un sens, son programme de Renaissance européenne, Nathalie Loiseau, le cap qui attend cette Union Européenne : tout cela méritait bien un grand feu symbolique. L’alignement des étoiles évoqué dans nos colonnes s’affirme, que le feu soit accidentel ou pas.

Pour notre part, considérons que les responsables politiques ont bien cette logique de puissance en tête lorsqu’ils calculent à propos de la Turquie, de la Chine, de l’Arabie Saoudite ou d’Israël. Ils savent bien que la France est en tête de conflit, que son sol est en voie de mondialisation avancée, que les négociations et les alliances sont versatiles et troubles.

N’oublions pas qu’ils veillent au grain et front preuve de réalisme non-utopique (ici à Helsinki en Finlande)

Or, nous citoyens informés considérons que la terre de France ne doit pas devenir le champ de bataille de conflits globaux de plus en plus risqués. Le poursuite du séparatisme braque chacun sur son identité et lobotomise de leur passé les autres pour les maintenir en docilité. La situation actuelle nécessite une clarification informationnelle, c’est-à-dire un élargissement du débat et de ce qui est discuté. Crever l’abcès est préférable au maintien de la chape de plomb qui nuit à tous les partis, c’est le mérite que nous trouvons à Macron avec le grand débat (lire ici).

Que voyez-vous dans le télescope ?

Maintenant que la France s’est réveillée, que les longs processus initiés en 1945 et en 1968 ont connu leur digestion générationnelle, il est temps de penser et d’agir au même niveau que nos gouvernants (voir ce qu’en dit Chateaubriand). Sous le mouvement générationnel, un nouveau régime va s’imposer progressivement. Son orientation sera indéfectiblement liée à l’histoire :

Saint-Louis rapporte la relique au peuple de Notre-Dame (domaine public)

Rester dans l’analyse mainstream de marché n’a pas d’intérêt pour nous, d’où le vocabulaire et les oppositions que nous développons sur journalpolitique.info. Il faut regarder le temps long de la politique et le temps court de la révolution à faire à partir de la brèche des gilets jaunes.

A votre service,

Sur journalpolitique.info

« Identités meurtrières », plus jamais elle ne sera une terre étrangère : la lucidité d’Amin Maalouf

« Identités meurtrières », plus jamais elle ne sera une terre étrangère : la lucidité d’Amin Maalouf

L’écrivain franco-libanais, Amin Maalouf, connaît bien l’harmonie qui peut exister entre les cultures, les traditions et les croyances : le Liban avait jusqu’alors été emblématique de cette réussite du dialogue. Pour Maalouf, la France connaît une situation de plus en plus tendue. Dans son essai remarqué, Les identités meurtrières, qui reprend des thèmes de l’individu pluriel du sociologue lyonnais Bernard Lahire (1), il propose des pistes cosmopolitiques et humanistes, invitant le lecteur à faire la paix avec sa propre identité.

Sous-ligné par un lecteur

Amin Maalouf invite chacun à ne pas renier sa part française et à prendre soin du pays où l’on vit, évoquant cette « terre de France » dont sa vie a de fait hérité. Se faire dépositaire de la francité apportera la paix civile sur le registre identitaire. Et bien entendu, cela ne revient pas à se tronquer : « l’identité ne se compartimente pas« . Cela revient à s’opposer à la guerre du bas et à reconstruire en cohérence avec le passé et l’avenir, cela revient à voir en soi un microcosme dosé de l’histoire du peuple de France.

L’essayiste a eu du mal à convaincre les français de l’imminence du naufrage lors de son passage sur le service public national pour « Naufrage des civilisations » en avril 2019 (notre analyse). Les thèmes progressistes de Maalouf sont parfois instrumentalisés sur un registre hostile au conservatisme et à l’identité européenne, alors même que l’objet est d’avertir les Français : ne vous reniez pas, prenez soin de votre civilisation car le monde tremble et l’heure est à l’acceptation de soi et à regarder droit devant. C’est le conservatisme politique radical iranien, américain et daeshien qui inquiète bien davantage Maalouf qui mesure les résultats au Liban pris entre les feux. La civilisation, la politesse, la douceur, la raison, l’humilité, voici ce qui doit réunir, et l’Europe doit sortir de ses meurtrissures identitaires par la refondation.

Pour journalpolitique.info

(1) Bernard Lahire (ENS de Lyon) : L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action, Paris, Nathan, 1998 (traduit en Espagne, au Brésil, au Portugal, en Roumanie, au Royaume-Uni et au Japon). Voir aussi : Monde pluriel : penser l’unité des sciences sociales, Paris, Seuil, coll. « Couleur des idées », 2012.


Notre-Dame : F-X Bellamy tempère les ardeurs macronistes et dénonce la « manie de la disruption »

Notre-Dame : F-X Bellamy tempère les ardeurs macronistes et dénonce la « manie de la disruption »

Voilà un nouveau personnage sur la scène politique nationale : François-Xavier Bellamy professeur de philosophie élu à Versailles, tête de liste LR pour les élections européennes du mois de mai prochain (23-26 mai).

Bellamy n’est pas honteux de son conservatisme et s’accorde à l’idée d’une renaissance européenne sur le fond. Face à la multiplication des déclarations ambitieuses du Président de la République et de son gouvernement (reconstruction en cinq ans, grand concours international, modernisme), le chef de file Bellamy s’en prend à cet orgueil pour inviter à mieux observer l’héritage dont est issue Notre-Dame de Paris. Dans une série de messages, il en appelle à l’humilité contre le profit politique et l’accaparement :

Sur Twitter, le 18/04/2019

Bâtir, hériter… l’histoire de la civilisation ?

Une dépêche pour journalpolitique.info


Notre-Dame de Paris vue de New York

Notre-Dame de Paris vue de New York

Pour Michel Rufinkiel, la tragédie de l’incendie de Notre-Dame met symboliquement fin à l’une immunité ensommeillée au risque civil ou militaire. Via journalpolitique.info (04/2019 – anglais).

« It ended for New York in 2001. The last time the capital of France suffered wide range destruction was the Franco-Prussian war of 1870 and 1871 and its revolutionary sequel, the Commune of Paris, which scorched the Royal Palace of Tuileries and of City Hall. « 

« In 1918, the last year of World War I, German artillery did find its mark in Paris, most notably in the Marais district. Unlike London, Berlin, Warsaw, or Florence, Paris “did not burn” during World War II. The result was that most Parisians indulged throughout the second half of the 20th century and the first two decades of the 21st in the fallacy that their city was too beautiful, too “historical,” too much a part of Unesco’s World Heritage, to be struck. »

Le sacre de Napoléon à Notre-Dame de Paris, de Jacques-Louis David (domaine public)

Time and again, Parisians were reminded that things could go the other way, after all. There were riots, terrorist attacks, bombings. But Paris itself seemed to be immortal. People started to wake up for real after the Islamist killing spree of November 2015, at the Bataclan theatre and other places. More recently, there was a succession of frightening scenes in the wake of the recent Yellow Vests’ protest: the Arch of Triumph defaced, the Champs-Elysées’ shops and restaurants torched. And now, Notre-Dame was aflame.

From my window, I could see a pillar of black and reddish smoke rising above the roofs, a helicopter circling above the fire. The iron spire, a 19th century addition to the Gothic church, collapsed all of sudden — evincing gasps of horror not only in Paris but around the world. Much like the moment when Twin Towers of the World Trade Center suddenly came down. Today the whole of France, the whole world trembled in horror as the scale of what was happening sunk in.

Even if the fire was accidental (it may have started at a place where renovation work was in progress), it came as the coda to an ominous winter. And one could not entirely discard, either, the possibility of a terrorist arson: many anti-Christian incidents have been reported recently, including the vandalization of churches, cemeteries, or shrines; and there were repeated threats from jihadist groups to do “something big” in Paris again, preferably against an emblematic building.

No wonder President Macron postponed the television speech to the nation he was supposed to have delivered this very evening, and, along with his wife, Brigitte, and Prime Minister Philippe, Mr. Macron came instead as near to the cathedral as he could get. »

La fleur de lys donnée à Clovis sacré à Reims (domaine public)

« One doesn’t have to be Catholic, or Christian, or even religious to be devastated by the destruction of Notre-Dame. The nine hundred years old cathedral is the heart of France: it stands on City Island, between the Seine’s two channels, a place it shares with Palace of Justice (the first Royal Palace in the Middle Ages).

While the Kings were crowned in Reims by the local archbishop, Napoleon crowned himself at Notre-Dame, in front of Pope Pius VI. Notre-Dame is the first place in Paris de Gaulle visited in 1944 when the capital was liberated from the Germans; it is from Notre-Dame that De Gaulle walked across the city to the Arch of Triumph. It is hard to imagine France without Notre Dame. Let the rebuilding begin. »


Une tribune rédigée le soir-même de l’incendie aux Etats-Unis, Michel Gurfinkiel, The New York Sun, relayée pour journalpolitique.info .



La fierté d’être Européen (4, fin)

La fierté d’être Européen (4, fin)

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent, pour mieux penser à leur avenir.

Nous incitons pour notre part, à partir de cette fierté ancestrale, de ne pas confiner l’Esprit de l’Europe : cet esprit d’amour est fait pour le partage. Dernier extrait (voir précédents).

Cette Europe de vos aïeux, vous en êtes les dépositaires

Mes amis européens que vous est-il arrivé ? Accordez-vous un instant pour regarder en arrière et mesurer le chemin que vos ancêtres ont patiemment, intelligemment, passionnément, amoureusement, joyeusement, courageusement et, bien souvent, douloureusement parcouru. Cette Europe que vos aïeux vous ont laissée en héritage, vous en êtes les dépositaires devant Dieu et devant l’humanité. Avez-vous l’intention de transmettre le dépôt à vos descendants ou laisser à d’autres le soin de le mutiler ? Plus de soixante-dix ans de paix vous ont fait croire à la pérennité de la paix et du bonheur, mais sachez que cette paix et ce bonheur vous les avez eus à crédit et qu’il est temps à présent d’acquitter votre dette. Vous aimeriez prolonger l’insouciance, la jouissance et l’ivresse mais vous ne le pourrez pas, car la terreur et l’humiliation vous attendent au tournant.

Prêtez l’oreille à ces vieilles pierres

Cette vieille maison, cette vieille église, cette cathédrale, ce vieux château, près desquels vous passiez sans les honorer du regard, eh bien ils ont plein d’histoires à vous raconter : les mains calleuses et pieuses qui les ont érigés, les fidèles qui ont prié sous leurs voûtes, les barons et les dames qui ont tissé leur légende et les poètes qui les ont célébrés. Prêtez l’oreille quand les vieilles pierres vous parlent, elles témoignent de l’amour de ceux qui les ont taillées et ajustées l’une à l’autre. Cet amour qui a traversé les âges elles vous le rendent comme elles l’ont reçu, c’est l’amour de vos ancêtres qui ont bâti pour durer et pour enchanter votre cœur et vos yeux.

Écoutez religieusement cette sonate ou cette symphonie, lisez dans le recueillement ce poème, caressez du regard cette statue, admirez longuement ce tableau, c’est pour vous qu’ils ont été composés, sculptés et peints, et ils sont votre héritage ; ils sont non seulement à vous, ils font partie de vous. Plongez-vous dans ce roman, apprenez l’Histoire de cette époque, imprégnez-vous de ces pensées, versez des larmes à ce drame, riez de bon cœur à cette comédie, et vous installerez le passé dans votre présent, vous saurez que vous n’êtes pas seuls, que vos racines plongent très loin et surtout que vous êtes très riches.

Ne vous reniez pas, ne confinez pas

Il est grand temps que vous vous armiez de fierté et de courage tranquille. Laissez-vous inspirer par l’Esprit de l’Europe, il est fait de foi et de raison, d’amour et d’espérance, de labeur et de courage, d’intelligence et d’humanisme, de vision et de responsabilité, d’entreprise et d’étude, d’imagination et de joie de vivre. Les forces qui œuvrent à votre déchéance et à l’effacement de votre civilisation s’alarment à l’idée que vous puissiez renouer avec notre nature profonde, car la seule arme qu’ils fourbissent contre vous est celle de la résignation et du désespoir.

Et rappelez-vous bien de ceci : l’humanité a besoin de vous et elle ne peut pas se passer de vous.   

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélios d’Alexandrie pour Dreuz.info.

Emmanuel Macron et ses troupes ont-elles cette idée à l’esprit quand elles parlent de Renaissance ?

Pour journalpolitique.info

La fierté d’être Européen (3)

La fierté d’être Européen (3)

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent, pour mieux penser à leur avenir.

Les belles femmes

Mais cette description succincte des réalisations de l’Europe chrétienne au Moyen-âge resterait incomplète si le sujet du statut de la femme n’était pas abordé. Abstraction faite des difficultés de l’existence qui d’ailleurs affectaient davantage les hommes que les femmes, le moyen-âge a été plus favorable aux droits des femmes et à leur autonomie que la renaissance et les lumières. Le christianisme y a joué un rôle central en affirmant l’égalité des sexes et leur égale dignité, tel qu’enseigné dans la bible. Les personnages bibliques de sexe féminin sont nombreux ; d’Ève à Marie mère de Jésus, en passant par Sarah, Haggar, Rebecca, Rachel, Dalila, Ruth, Bethsabée, Athalie, Esther, Judith, Élisabeth et Marie de Magdala, les femmes sont à l’honneur, elles présentent en majorité des modèles positifs : intelligentes, sages, aimantes, sensibles, courageuses, entreprenantes et résolues, elles jouent un rôle central dans la protection du peuple de Dieu et le salut de l’humanité. Le moyen-âge peut s’enorgueillir de ses savantes abbesses, de ses poétesses, de ses patronnes d’entreprises, et même de ses guerrières, elles étaient libres et fortes. Rien n’illustre autant le haut rang acquis par la femme au moyen-âge, que le lien qui attache le preux chevalier à sa dame et qui s’exprime par l’amour chaste, le respect voire la soumission. Également l’essor du culte marial et la consécration de plusieurs cathédrales et églises à la Vierge Marie, nous disent à quel point le Moyen-âge avait une haute idée de la femme.

Fierté ne veut pas dire méchanceté ou oubli

D’aucuns m’accuseront de contempler l’Europe avec des lunettes fortement teintées de rose. Qu’ils se rassurent je n’occulterai pas les « graves péchés » qu’elle a commis et commet encore, et dont les principales victimes ont été et le sont encore les peuples européens. Le chapelet de conflits violents qui ont ensanglanté l’Europe, de la guerre de Trente Ans jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, est un indice qui ne trompe pas d’un mal profond qui ronge ce continent. Ce mal c’est la sagesse qui vient à manquer au moment où l’Europe en a le plus besoin, car l’effervescence et le dynamisme ne  ; vont jamais sans excès. Il y a un rêve qu’il est sage de ne pas réaliser. Ce rêve, aussi inutile que nuisible, c’était et c’est toujours la fusion des nations européennes dans une seule entité : un Empire, un Reich ou une Union. Le génie des Européens ne peut donner sa pleine mesure sous un régime de tutelle, chaque nation européenne a besoin d’espace pour se mouvoir et respirer. Les nations européennes me font penser à des porcs-épics, qui pour vivre en bon ménage doivent garder une certaine distance entre eux, mais qui par temps froid doivent se rapprocher l’un de l’autre pour conserver la chaleur. Exercice périlleux et équilibre difficile à atteindre, ce qui rend folle l’idée de les attacher l’un à l’autre.

Mais cette idée folle n’a jamais cessé d’être entretenue, les fleuves de sang qu’elle a fait couler ont fini par miner la conscience des Européens. Les millions de morts des deux guerres mondiales ne sont jamais absents de leur mémoire, la souffrance morale pour être sourde, n’en est pas moins profonde, il n’est rien de plus douloureux que la blessure qui ne guérit pas.

« Naufrage des civilisations » : le progressisme télévisuel ne partage pas la « lucidité » de l’essayiste Amin Maalouf

« Naufrage des civilisations » : le progressisme télévisuel ne partage pas la « lucidité » de l’essayiste Amin Maalouf

Amin Maalouf, invité de la Grande librairie, veut retracer la source de l’obscurité qui s’est emparée du Levant, zone mésopotamienne comprenant les actuels Liban, Syrie, Jordanie, Chypre, Israël, et une partie de l’Irak, de l’Iran et de la Turquie. La fin des années 1970 (fin de la décolonisation, septennat Giscardien libéral frappé par les crises du pétrole et la révolution néo-conservatrice mondiale (Iran, puis Royaume-Uni, Etats-Unis) constitue un premier grand tournant pour Maalouf. Avec la fin de la guerre froide, le 11 septembre 2001 et le réarmement actuel, l’ouverture d’une phase critique de la politique mondiale voit l’islamise remplacer le communisme comme adversaire de la guerre froide. Les printemps arabes transformés en hivers islamistes à l’exception de la Tunisie, Maalouf déplore la perte « d’une coexistence, d’une qualité de compréhension mutuelle » dans la Méditerranée orientale, qui abritait en harmonie « beaucoup de langues et beaucoup de croyances« . L’islamisme radical a été réveillé « par erreur » par les Occidentaux, selon Maalouf dès le XIXe siècle avec le wahhabisme et bien davantage encore par le plan machiavélique de Churchill le Lion et de Nasser le pharaon, méritant leur place dans un « panthéon de Janus » (dieu aux deux faces ndlr).

C’est dans cette zone que sont nés les trois monothéismes, et c’est de là que surgit l’obscurité aujourd’hui : la guerre, le califat, les réfugiés et les minorités en danger. Notons que la Palestine n’est pas représentée.

Malheureusement, le service public républicain comprend de cet avertissement lucide sur les relations internationales qu’il faut « s’éloigner du conservatisme » (10:20), projet qui n’est pas celui de coexistence humaine dont parle Maalouf, que le Liban illustre encore un peu : conserver l’harmonie, la coexistence des humaines dont le Levant a été un modèle. Le présentateur propose à un André Comte-Sponville pressé de transcrire en doctrine française les propos d’Amin Maalouf, pourtant clairs : l’Europe a besoin d’une renaissance à partir de ses fondements dans lesquels ont peut abondamment puiser pour une politique humaine, au contraire des idéologues de la déconstruction par les minorités en luttes symboliques. Il montre bien là que Macron, de droite et de gauche, a ce souci de renaissance, mais qu’il est fort mal détourné par les grands commentateurs qui pensent que renaître c’est renier.

On en arrive à un point où ce sont des auteurs qui ont connu la grande civilisation harmonieuse qui fut (auteurs libanais, algériens, marocains, franco-italiens, espagnols, québecois) qui préviennent les Français, étourdis et culpabilisés, de ce qui arrive.

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André Comte-Sponville, philosophe, va enchaîner les jugements de l’auteur, dans le langage de la gauche athée progressiste (qu’il revendique dès son introduction) : « il n’est pas un réactionnaire, c’est un progressiste malheureux » (13:10) (A. Maalouf cligne un peu des yeux à ces adjectifs). « Son monde d’origine est mort » (14:23) (un peu tranché et violent à dire à quelqu’un qui est justement le représentant de l’humanisme chrétien autour de la Méditerranée). Le philosophe détourne ensuite l’inquiétude de l’auteur vers « les démocraties illibérales en Pologne, en Hongrie, en Italie, Trump en Amérique » (14:50) plutôt que ce contre quoi s’insurgent ces nations (l’oligarchisme déculturant planificateur). Et finalement : « ça passe par la politique et le progrès scientifique et technique »(15:30), ce qui est un axiome tout à fait Saint-Simonien.

« A ce stade il est très difficile de redresser la barre. Il faut surtout prendre conscience de ce qui est en train de se passer. Le rêve européen est le plus prometteur de notre époque. Nous assistons à une nouvelle guerre froide et une nouvelle course aux armements. »

A. Maalouf
Droits réservés Grasset

« L’Amérique, bien qu’elle demeure l’unique superpuissance, est en train de perdre toute crédibilité morale. L’Europe, qui offrait à ses peuples comme au reste de l’humanité le projet le plus ambitieux et le plus réconfortant de notre époque, est en train de se disloquer. Le monde arabo-musulman est enfoncé dans une crise profonde qui plonge ses populations dans le désespoir, et qui a des répercussions calamiteuses sur l’ensemble de la planète. »

Amin Maalouf

On en arrive à un point où ce sont des auteurs qui ont connu la grande civilisation harmonieuse qui fut (auteurs libanais, algériens, marocains, franco-italiens, espagnols, québecois) qui préviennent les français, étourdis et patauds, de ce qui arrive et de leur responsabilité en tant qu’européens. Maalouf leur rappelle, tout comme le franco-italien Alexandre del Valle qui connaît bien le Liban, que la France est en ligne de front comme toujours. Or les pauvres Français se pressent de retraduire dans leurs codes républicano-centrés où la courbe du progrès, à défaut de celle du chômage, justifie tout. Et on discute de généralités sur le progrès scientifique et tel phénomène économique : circulez, y’a rien à voir !

Enfin, la vision biblique proposée (19:00) est à citer : « la catastrophe m’inspire Babel, où l’humanité ne parlait qu’une seule langue. Ce projet est voué à la destruction est est le contraire du Levant« . Faire renaître l’Europe de l’Atlantique à l’Oural demanderait une réappropriation populaire des fondamentaux pour mieux respecter les autres, plus que leur intégration fédérale unitaire ? Veut-on un horizon de progrès infini permettant de juger le réel comme Sponville, ou parler comme Maalouf de la réalité et de s’intéresser à ce grand mouvement concret et à la place qui nous y est dévolue ?

« Menace de disparition d’un monde » résume la rabin. « Introspection et place à l’Autre » ordonne ultimement le présentateur.

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La fierté d’être Européen (2)

La fierté d’être Européen (2)

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent, pour mieux penser à leur avenir.

L’unité culturelle de l’Europe

Parlant de monastères et de couvents, leurs croissances en nombre et en taille en ont fait des centres économiques de premier plan, leurs surplus de production les ont amenés à participer à des échanges commerciaux d’envergure ; l’accumulation de capital qui en a résulté a permis d’investir davantage dans les moyens de production et dans la construction de nouvelles infrastructures ; c’est là que le capitalisme a vu le jour, ses bienfaits n’ont pas tardé à s’étendre à la population qui gravitait autour des monastères. La prospérité a été favorable à la piété populaire, l’essor des sites de pèlerinages et la croissance du nombre de pèlerins ont eu des retombées sociales, culturelles et économiques semblables aux retombées du tourisme aujourd’hui. C’est ainsi que les pèlerins européens ont contribué à unifier culturellement et spirituellement l’Europe.

Les universités telles que nous les connaissons ont vu le jour et se sont répandues au Moyen-âge : Bologne, Paris, Montpellier, Oxford, Arezzo, Salamanque, Padoue, Naples, Toulouse, Cambridge, Coimbra, Pérouse, pour les plus anciennes, suivies plus tard de Prague, Cracovie, Vienne, Heidelberg, Cologne, Leipzig. Des bibliothèques ont également été aménagées au profit des étudiants et de leurs maîtres. La théologie, le droit canon, les langues et la philosophie y étaient enseignés, on y apprenait aussi l’art de débattre et de convaincre ; mais les sciences de la nature (mathématiques, optique, astronomie) ainsi que la médecine avaient également leur place et il est notoire que des hommes de religion tels que Robert Grossetête, Roger Bacon et Albert de Cologne aient été les premiers à jeter les bases de la connaissance scientifique et de la science expérimentale. Le mythe de l’obscurantisme du moyen-âge européen a la vie dure, il reflète le point de vue biaisé des philosophes du dix-huitième siècle à l’égard de leurs devanciers.

La fierté d’être européen

La fierté d’être européen

Nous relayons certains passages de la tribune d’Hélios d’Alexandrie (pseudo) pour journalpolitique.info. L’auteur se livre à une réhabilitation grandiose de la civilisation européenne, ouverte à son monde depuis la Grèce, le Christ et Rome. Il exhorte les européens à se souvenir d’où ils viennent pour mieux penser à leur avenir.

L’auteur : « tout homme a deux patries, la sienne et la France »

Je ne suis pas européen ni de souche européenne, j’observe l’Europe d’une certaine distance ce qui me donne l’avantage de l’éloignement. Francophone et francophile, je me souviens de ce qu’on nous enseignait à l’école au sujet de la France : « tout homme a deux patries, la sienne et puis la France. » En paraphrasant cette citation de Thomas Jefferson, je me permets de l’étendre à l’Europe : « Tout homme dans son cœur vit sur deux continents, le sien et puis l’Europe. »Pourquoi l’Europe ? Répondre à cette question exigerait d’écrire un traité de plusieurs volumes, mais un traité qui je le crois pourrait se résumer en une seule phrase : « Parce que sans l’Europe le monde d’aujourd’hui serait pareil au monde de l’antiquité. »

L’Europe et l’Amérique

L’Europe d’aujourd’hui est le produit du Moyen-âge, époque bénie durant laquelle ont été réunies toutes les conditions requises pour le progrès. Un progrès continu qui, du moyen-âge à la postmodernité, en passant par la renaissance, les lumières, la révolution industrielle et le vingtième siècle, ne s’est jamais démenti. On peut raisonnablement affirmer que ce qui distingue la civilisation européenne de toutes les autres est cet élan irrésistible qui l’amène à se surpasser.

Certes la civilisation européenne se confond avec la civilisation occidentale. Cette dernière n’est pas exclusivement européenne, elle est aussi américaine. Mais l’Amérique est fille de l’Europe, un cordon ombilical les relie toutes les deux, qui leur permet de se nourrir l’une de l’autre, à tel point qu’il est difficile à présent d’imaginer que l’une pourrait survivre après la disparition de l’autre.