Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République

Les dysfonctionnements administratifs qui ont conduit au limogeage du Préfet de Paris et ancien préfet du Rhône Michel Delpuech, et l’agressivité communicationnelle des forces politiques répondent du regain terrible de la violence, destiné à orchestrer en force l’ultimatum de l’acte XVIII de samedi 16 mars dernier. En pleine stratégie du chaos due à la citadellisation du pouvoir en tempête, la violence exprimée a un rôle bien précis : elle choque, elle heurte, elle effraye. S’arrachant cette matière visuelle incroyable, journalistes, photographes, médias français et internationaux associent inévitablement les GJ aux agressions commises : c’est bien leur révolte qui permet à la violence organisée par les extrêmes de proliférer, à leur discrédit. La guerre du bas offre le spectacle sauvage que les agitateurs ont bien planifié. Chacun se crispe davantage sur ses positions, et les antifas, anarchistes (et même ces revendiqués « islamogauchistes ») sont bien le moteur du désordre.

Par Malik, pour journalpolitique.info

Le PR nous semble donc utiliser tactiquement la déferlante violente associée aux GJ pour rendre complice l’ensemble du mouvement. C’est une stratégie logique, en ce sens que face à la première grande crise systémique depuis les années 1960, le pouvoir se barricade et doit agir très vite. Le PR de retour d’Afrique aurait voulu se reposer, en skiant à la mi-mars non loin des journalistes. Un pied-de-nez champagne, abondamment relayé par les hurleurs des réseaux asociaux gonflant à bloc les manifestants. La violence explose, l’Élysée annonce à 22h que le PR « reviendra à Paris ce soir ». L’ultimatum est passé, le PR a encore une fois du aggraver la crise pour s’en sortir. Le gouvernement et les services ne se sont pas bien entendus, l’adaptation rapide de gestion de l’ordre public est en débat depuis déjà une semaine.

J’avais soutenu l’idée que la crise doit être régulée dans la démocratie. Parmi les forces identifiées à l’extrême-gauche, je souhaite clarifier la cible de ma critique : la jeunesse activiste, antifa, violente, militant pour un plus grand désordre. Je ne m’attaque pas à la pensée anarchiste en tant que telle, mais aux forces qu’on dirait « radicalisées et violentes » et les discours qui les rendent légitimes à toute une gauche libertaire.

Un triple terreau : marxiste, écologiste, libertaire. Fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). JOURNALPOLITIQUE.INFO

De quel segment sociologique s’agit-il ? Les résultats des interpellations depuis l’acte III, l’histoire du mouvement antifascite de la jeunesse, l’analyse des photos de l’acte XVIII ou encore le suivi de communautés en ligne revendiquées cyniquement islamogauchistes me permet de supposer que les forces vives sont des 18-30 ans, hommes et femmes, issues de la classe moyenne née en 1968. Des parents profs ou cadres privés, indépendants avec un peu de patrimoine, une volonté obsessionnelle des enfants de déconstruire leur reflet bourgeois. Souvent plutôt athées, féministes, écologistes, on y trouve des étudiants, des membres du précariat, des hippies voyageurs et mondialistes, des rastafaris et un fort substrat de civilisation américaine plutôt qu’européenne (car renvoyée au féodalisme, à l’Eglise et à la bourgeoisie, l’ordre honnis). L’esprit classique antifa serait un délire adolescent qui se prolonge par une double anesthésie : rejet du « système » donc abandon de la politique au profit d’un égoïsme heureux, consommation de cannabis et de jeux-vidéos pour distinguer ad vitam aeternam politique et vraie vie.

Créatures de la déculturation, ils font de l’émancipation individuelle la mantra de toute action publique. Lorsque ce résidu de gauche a atteint ses limites de l’analyse du capitalisme, lorsqu’à la réforme du capitalisme pensé comme économie-monde ils ont préféré la destruction de celui-ci et le repli sur leur autogestion, une fraction radicale a érigé tout ordre, dans un esprit de convergence des luttes, comme malsain et indigne de leur glorieuse personne libérée. Si le « burn all flags » reste internationaliste et solidaire de l’humanité, cette fraction que nous dénonçons a pris part à un ensauvagement depuis les années 2010 (voir Black Blocks, ou les récents affrontements à Montpellier, Lille ou Lyon) et en est rendue à rejeter entièrement la République. La résurgence de l’extrême-droite, la « volonté d’en découdre » et la surenchère identitaire fait le reste. Le terreau universitaire de cette doctrine non seulement politise excessivement les jeunes générations, mais plus encore déclenche des effets de meutes agressifs envers toute chose.

La convergence des luttes, illustration pour la manifestation du 8 mars organisée à Lyon 1er.

En effet l’État n’est plus pour ces militants la volonté générale en action ou encore l’instrument de domination de classe qu’il faudrait équilibrer, il est tout simplement l’agrégation de l’ensemble des luttes individuelles des « grands émancipés ». Devenus nihil, ils plient désormais une bonne partie de la gauche à cette doxa sociétale inspirée directement des Etats-Unis, à travers syndicats, universitaires. On pense bien sûr à Raphaël Glucksmann. On constate bien que les républicains de gauche n’a plus d’autre choix que soit renoncer aux principes républicains, soit rejoindre cette république en marche. On perçoit notamment dans les études d’opinions 2017-2019 un mouvement PS->LREM bien sûr, mais aussi PS->LR et PS->RN.

Il est regrettable que tout comme l’arc de Triomphe, tout représentant du patriarcat est voué à l’opprobre. Y compris ce policier courageux, assassiné dans sa mission de protection ces mêmes étudiants nihilistes anti-Etat, dont la stèle n’a pas été épargnée.

La dérision comme remède à leur nihilisme ? On en vient au cœur du problème. Ces groupuscules sont utilisés pour contenir le mouvement de fond, certes, mais le problème démocratique survient lorsque ces groupes et les autres menacent les principes garantis par la Constitution et qu’une propagande individualiste vécue sur le ton de la « blague cool » vient légitimer subrepticement dans les corps d’étudiants en quête de reconnaissance sociale. Voilà une cause à défendre, et facile car c’est une cause réactionnaire (anti-fascisme). Cette propagande vient encourager la guerre du bas, la violence, l’islam politique et l’intolérance etc. Et se défendrait dans un cadre intellectuel marxiste-anarchiste, mais la mise en pratique massifiée et simplifiée de ces agitateurs indolents finit par se retourner contre toute chose.

Source : facebook 18/03

Notons toutefois qu’un utilisateur de la page facebook va plus loin, en demandant à deux reprises pourquoi vouloir casser systématiquement l’abribus :


Alors juste, si on peut m’expliquer les attaques contre les abribus je serais super content en vrai. Autant la pub, les banques, dab, etc. Je m’en contrebalance l’échine avec un steak de soja. Autant je comprends pas pourquoi péter les vitres de l’abribus (et je parle pas de la partie pub, mais genre là où on peut poser le dos.)

Réponse de la page Memes Islamogauchistes : mais n’essayez même pas de le justifier c’est un non sujet les abribus. C’est le fait de S’inquiéter de leur sort le problème

Un dernier essaye d’argumenter : La destruction en soi n’est pas justifiée, et peu importe si c’est un abribus ou autre. Si la pub vous dérange, détournez les yeux. Quand au capitalisme, je ne vois pas pourquoi on devrait l’abolir. Bref les Black Blocks sont des fous furieux qu’il faut interner. Réaction de la communauté :

La réaction

Ce détour par la culture pop islamogauchiste de la convergence des luttes explique bien pourquoi ces activistes alimentent activement la stratégie du chaos utile à Macron, au détriment de tous ceux qui croient en des méthodes civiques, raisonnées et non-totalitaires et s’activent, eux, à rester pacifiques et républicains.

A ce stade qui a une vision fasciste à imposer sous couvert d’ironie ?

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2 réflexions sur “ Action antifasciste : outrages utiles pour le pouvoir, néfastes pour la démocratie et la République ”

  • 24 mars 2019 à 4:06
    Permalink

    Je suis allée voir la page facebook c’est consternant en effet !!! Ça justifie qu’on brûle tout, à quand le retour de la civilité ? Merci pour les infos journal politique c’est intéressant

    Réponse

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